Carnet/Psy n° 159 : Le Handicap, un nouveau paradigme ? (partie 2)

Paru le 2012-02-01

SOMMAIRE

ANALYSES D’OUVRAGES

Du signe au discours
La dignité de penser
Lacan, envers et contre tout
On agite un enfant. L'état, les psychothérapeutes et les psychotropes
Grandeur et solitude du moi

À PROPOS DE

Exposition : danser sa vie. Art et danse de 1900 à nos jours

DOSSIERS

Approche psychanalytique du handicap
Masque ou filigrane ? Diagnostic anténatal et handicap
Pour un accueil ordinaire des enfants extraordinaires, dans les établissements destinés aux jeunes enfants
Etre différent ici et ailleurs d'ailleurs à ici
Ouï-dire, ouï-sens. Implant cochléaire et surdités
Vous êtes handicapé ? Qu'à cela ne tienne... Regard critique sur l'évolution du concept de handicap mental
La relation de soin est-elle soluble dans le néolibéralisme ?
Après le handicap, quel corps ? Agentivité et hybridation
Penser, c'est penser à deux. Yves Aulas et Levinas

RECHERCHES

ENTRETIENS

ACTES

HOMMAGES

LE TEMPS QUI PASSE

Le temps qui passe...

LE SITE DU MOIS

La CIPPA

ÉDITORIAUX

Le Mur et les mains sales

Le titre sartrien du documentaire de Sophie Robert sur l’autisme et la psychanalyse n’enlève rien à son caractère parfaitement ignoble et malhonnête. A ceux qui y recourent sans vergogne, le fanatisme et le terrorisme ne peuvent que donner les mains sales, pour rester dans la même veine référentielle. Sophie Robert partage deux points communs avec Michel Onfray qu’il n’est bien sûr pas question de mettre sur le même pied qu’elle, puisqu’il nous propose bel et bien un débat, alors que cette réalisatrice nous impose seulement la dictature de son opinion : pour autant, tous deux ont fait du combat contre l’inconscient une affaire personnelle, et tous deux se méprennent profondément quant à eux-mêmes, en ce sens qu’ils se pensent libres alors même qu’ils ne sont agis et mus que par un contexte socioculturel qui les dépasse amplement. Nous vivons, en effet, une époque où prévaut la haine de la pensée envers elle-même, et où le mythe scientifique régnant disqualifie peu à peu les sciences humaines avec tout ce qu’elle nous disent, pourtant, du sujet, de la liberté, de la fonction de récit de la parole (comme le dit si bien Roland Gori), de l’inconscient et des processus de subjectivation. L’un s’en prend à S. Freud, l’autre plus généralement à tous les psychanalystes. Ni l’un ni l’autre ne me passionnent. Ce qui me passionne, c’est la compréhension du mouvement qui les porte et dont ils ne sont tous deux que les instruments, même si l’un est talentueux, et l’autre manipulatrice. Il ne suffit pas de se croire libre pour l’être, mais il suffit de s’attaquer à la pensée pour ne l’être plus.

M. Onfray pense que S. Freud a les mains salies par ses soi-disant supercheries ou mensonges. Sophie Robert pense que les psychanalystes, dans leur ensemble, ont les mains salies par leur impuissance envers les enfants autistes. Mais cessons-là le parallèle. Leur résister par le débat, même s’il semble impossible, est une nécessité démocratique car, sinon, c’est nous qui, finalement, aurions les mains sales de notre passivité face à un ostracisme de la pensée qui est, pourtant, notre bien le plus précieux. Ce à quoi il faut ajouter que « Le Mur » - et tout ce qu’il fédère d’agressivité et d’injuste hostilité - a valeur d’insulte à l’encontre des enfants autistes qui ont tant besoin qu’on écoute leur souffrance, et à l’encontre de tous les soignants qui consacrent tant d’énergie à leur venir en aide.


Les anciens numéros (Tout voir)

Le Handicap, un nouveau paradigme ? (partie 1)

De l'empathie et de l'intersubjectivité primaires à l'empathie et à l'intersubjectivité secondaires

Les enjeux cliniques de la précarité

Autour du traumatisme

Existe-t-il une psychologie de la mort ?

Aux origines du narcissisme/Place et statut du secret dans l'oeuvre de Freud