Carnet/Psy n° 164 : Actes : Les séparations (partie 1)

Paru le 2012-07-01

SOMMAIRE

ANALYSES D’OUVRAGES

Vies amoureuses (Libres Cahiers pour la Psychanalyse)
L'actuel malaise dans la culture

À PROPOS DE

DOSSIERS

RECHERCHES

ENTRETIENS

ACTES

Les séparations : Perdre, abandonner, se trouver
Les séparations : L'antique terre natale : nostalgie, inquiétante étrangeté et dialectique fusion/séparation
Les séparations : Continuités, discontinuités... de la difficulté à établir des liens psychiques
Les séparations : Séparer pour mieux soigner : le travail du psychanalyste en institution spécialisée
Les séparations : Dépendances sexuelles. Le zapping relationnel

HOMMAGES

Hommage à Jean Laplanche
En mémoire de Jean Laplanche

LE TEMPS QUI PASSE

Le temps qui passe...

LE SITE DU MOIS

Guillaume David Olivier Gillet

ÉDITORIAUX

Mais qu'est-ce que la psychothérapie insitutionnelle allait faire dans cette galère ?

Lorsque les recommandations de la Haute Autorité de Santé en matière d’autisme sont tombées en mars dernier, trois signifiants étaient visés : la psychanalyse, la psychothérapie institutionnelle et le packing. On aura compris que le premier, la psychanalyse, réduite à sa caricature, était porteuse de beaucoup de maux et qu’il fallait en indiquer l’inanité, tandis que le troisième, le packing, était devenu depuis quelques années le symbole de l’obsolescence des pédopsychiatres français. Mais la psychothérapie institutionnelle ? Manifestement, ceux qui ont décidé de la vouer aux gémonies, n’ont aucune idée de son histoire ni de sa portée.


Aussi faut-il rappeler que la Psychothérapie Institutionnelle, née à l’issue de la deuxième guerre mondiale d’un collectif de psychiatres traumatisés par les 45000 malades mentaux morts de faim dans les asiles français, et désireux de créer une psychiatrie dans la cité, a instauré une véritable révolution culturelle consistant à inventer conjointement la psychiatrie de secteur comme condition de possibilité d’une psychiatrie à visage humain et la psychothérapie institutionnelle comme méthode pour y parvenir.


En quoi rend-elle son humanité nécessaire à la psychiatrie ? Elle s’appuie sur la relation transférentielle entre le patient, quelle que soit la gravité de sa psychopathologie, et son équipe soignante, et organise les institutions pour le soutenir et le porter, -la fonction phorique-, le temps nécessaire. Elle définit l’équipe soignante comme le lieu permanent du soin sous la forme d’une constellation transférentielle construite avec et pour lui, et qui utilise tous les éléments du dispositif en fonction de la psychopathologie du patient, et en lien permanent avec la famille et les autres partenaires médicaux et sociaux. Mais cette constellation est constituée de la psyché des soignants, et il est indispensable de faciliter leurs conditions de travail pour optimiser leur accueil de la souffrance psychique. La psychothérapie institutionnelle n’est qu’une manière d’exercer la psychiatrie en toute humanité. Pas étonnant qu’elle ait été utilisée de façon plus ou moins importante par toutes les équipes de soins préoccupées par une approche humanisante de la souffrance psychique, et notamment par celles qui se dédient aux enfants autistes. Aujourd’hui, plus que jamais, la psychothérapie institutionnelle est une philosophie de travail qui sous-tend la pédopsychiatrie intégrative, et à ce titre, il convient d’en redire l’importance.


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Les différents terrains de la rencontre analytique

Actualités des états limites (partie 2)

Actualités des états limites (partie 1)

Le Handicap, un nouveau paradigme ? (partie 2)

Le Handicap, un nouveau paradigme ? (partie 1)