Carnet/Psy n° 166 : Recherches : Le blues post-natal, L'autisme, A la recherche des représentations perdues

Paru le 2012-11-01

SOMMAIRE

ANALYSES D’OUVRAGES

Le fil d'Oedipe
Cancer et Maternité
Croire avec Freud ?
Freud et l'humour juif

À PROPOS DE

Aux sources de la peinture aborigène, Australie, Tjukurrtjanu

DOSSIERS

RECHERCHES

Le blues post-natal et ses effets sur le bébé. Dynamique de l'émotion maternelle et régulations du nouveau-né dans les 8 premières semaines de vie
L'autisme. Trouble du développement de la symbolisation
A la recherche des représentations perdues. L'Entretien Semistructuré Multiregistres

ENTRETIENS

ACTES

HOMMAGES

LE TEMPS QUI PASSE

Le temps qui passe...

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ÉDITORIAUX

L'ère de la maîtrise

Maîtrise des coûts et du budget, du temps des professionnels, du calendrier, des flux migratoires, de la pollution, de la température du globe terrestre, des images auxquelles enfants et adolescents ont accès, de la fin de vie, de la conception des enfants... Certes, avec de tels mécanismes de défense, l’apaisement est parfois au rendez-vous.
L’angoisse de l’inconnu est moins vive à court terme. Mais ce besoin de maîtrise se trouve de plus en plus contrarié par les évolutions de notre société: les « nouvelles » technologies de l’information et de la communication, la mondialisation, la rapidité des changements, la perméabilité des enjeux individuels, familiaux et sociétaux. Et si l’on regarde du côté des parents des enfants et adolescents, la relativité de l’efficacité des contrôles parentaux sur les écrans, les situations d’alcoolisation précoce, les images violentes et pornographiques, les difficultés d’orientation dans les études et les projets professionnels ultérieurs... Et le champ professionnel hospitalier n’est pas à l’abri de ce travers, loin de là !

Le tout prévoir et le principe de précaution en découlent, croissants et embellissants. Quelle prétention les humains ont-ils pour imaginer pouvoir maîtriser leur destin ?
L’espérer est une chose. Le réaliser en est une autre. Quelques voix commencent heureusement à s’élever pour dénoncer l’usage qui est fait des peurs de nos contemporains pour des raisons bien souvent étrangères à leur intérêt.

Mais ne sommes-nous pas face à une problématique similaire à celle de l’adolescent ? La déstabilisation induite par la puberté conduit certains d’entre eux à la mise en œuvre de systèmes défensifs équivalents. La question qui les occupe et que notre époque partage est bien de faire face à la nouveauté, à ce qui échappe. Pour être prêt -et pourquoi pas souhaiter- l’imprévu, encore faut-il disposer d’une sécurité intérieure suffisante et d’un socle d’expériences positives en la matière. Il n’y a pas si longtemps, la programmation dominait dans l’existence : qu’il s’agisse de la vie conjugale ou des orientations professionnelles par exemple. La répétition dominait d’une génération à l’autre.

C’est tout le contraire actuellement. L’incertitude est partagée, garantissant des surprises régulières. « L’inévitable n’arrive jamais, l’inattendu toujours », écrivait Keynes. Alors pour qui le redoute, l’époque est dure, consolidant le besoin de réassurance, à presque n’importe quel prix. Quant aux autres, ils sont gâtés et le seront de plus en plus ! Alors, privilégions les conditions favorables à la créativité et à l’ouverture sur le nouveau dans l’éducation, l’enseignement et les soins, dès les débuts de la vie. « La prédiction est incompatible avec le choix » (Wittgenstein, Leçons sur la liberté). À chacun de choisir entre l’accueil de l’incertitude et la tentative illusoire de la gommer.


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Ne rien vouloir (en) savoir

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