Carnet/Psy n° 191 : La criminalité aujourd\'hui dans la pratique clinique (partie 1)

Paru le 2015-07-08

SOMMAIRE

ANALYSES D’OUVRAGES

Les traumatismes relationnels précoces. Clinique de l'enfant placé
La conviction. Jean Laplanche ou le primat de l'autre
La perversion encore
Les ados expliqués à leurs parents

À PROPOS DE

Marlène Dumas. The image as a Burden

DOSSIERS

La criminalité aujourd'hui
Quand la psychanalyse nous aide à accompagner les sujets violents. A partir de quelques concepts clés de l’œuvre de Claude Balier
Actualité d'une approche clinique et psychopathologique des violences sexuelles des adolescents
La criminalité de Richard III et la malédiction de l'objet
Terrorisme, violence de masse et radicalisation. Du Moi idéal au désengagement identificatoire
Infanticide, inceste, pédophilie : l’infans face à l’enfant

RECHERCHES

ENTRETIENS

ACTES

HOMMAGES

LE TEMPS QUI PASSE

Le temps qui passe...

LE SITE DU MOIS

http://apep-psy.com : Association Psychanalyse et Psychothérapie (APEP)

ÉDITORIAUX

Pourquoi autant de haine ?

La haine n’a jamais été aussi présente sur la scène sociale et intime de chacun. Dans la clinique, nous constatons une dégradation des modes d’adresse à l’autre, un langage irrespectueux, voire insultant, souvent dès le plus jeune âge.

Dans les familles, les institutions scolaires ou soignantes, une déliquescence des liens est à l’œuvre qui vire à l’agressivité, la violence ou la haine. Dans ce monde où certains prônent l’exclusion de l’autre du fait de sa différence, comment des enfants et des adolescents peuvent-ils se construire ? Si l’on postule que la haine est première dans la construction de la psyché et antérieure à l’amour, une autre haine, destructrice celle-là, s’inscrit à même la structure psychique et s’entend dans les discours de nos patients, petits ou grands. Ainsi les pathologies narcissiques et les états limites se caractérisent par une haine qui se met en acte. Sans compter l’émergence plus récente d’adolescents habités par la haine et le passage à l’acte, meurtrier et destructeur, sous un alibi religieux.

Comment, face à ce constat assez déprimant, œuvrer au travail de la civilisation, remettre en marche l’amour de l’autre, la créativité ou la sublimation ? « L’hainamoration », pour reprendre le néologisme de Lacan, laisse entendre ce que Empédocle avait souligné en son temps. L’amour possède son envers, la haine, comme en témoigne le devenir de certains couples. Si le doute habite l’amour, la haine, elle, se nourrit de certitudes. Est-il possible de faire barrage à la haine, à la destructivité et aux guerres ?

Ne pouvoir agir au niveau sociétal ne nous empêche pas de prendre soin du sujet souffrant dans sa singularité. Cela relève de la responsabilité de tous les thérapeutes et de tous les analystes, de leur positionnement éthique.

Didier Lauru, psychanalyste
Dernier livre paru, De la haine de soi à la haine de l’autre, Albin Michel


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Actes Clivages (partie 2)

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Actualités de la clinique transculturelle

Entretien avec Laurence KAHN

Le deuil après une mort prénatale (partie 2) - René Rousillon en transition : le jeu en partage (partie 1)

Le deuil après une mort prénatale (partie 1)