Carnet/Psy n° 219 : La consultation psychanalytique en institutions : quels transferts ? (partie 3)

Paru le 2018-10-01

SOMMAIRE

ANALYSES D’OUVRAGES

Les déliaisons dangereuses
Aux origines du processus créateur
La confrontation entre les générations

À PROPOS DE

Omar Ba : Autopsie de nos consciences
Imprécis : Chapeau

DOSSIERS

RECHERCHES

ENTRETIENS

ACTES

La fonction médiatrice de l’argent et les enjeux de la cure gratuite en institution
La gratuité comme transfert
Le don comme prix de la gratuité
Gratuité de soins et enjeux transférentiels. Du rejeton de l’inconscient au jeton symbolique
Les théories internes du psychanalyste : entrave ou facilitation du processus ?
De la place de la théorisation dans le travail clinique psychanalytique en institution (CEJK)
Du « deuil quant à la perte » au travail de la perte. Le travail psychanalytique avec les étudiants

HOMMAGES

LE TEMPS QUI PASSE

LE SITE DU MOIS

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ÉDITORIAUX

La psychiatrie va très bien ! et vous ?

Nous le savons tous en cette rentrée de l’été 2018, la psychiatrie va très bien ! Et vous ? Des soignants obligés de conduire une grève de la faim, des Commissions Médicales d’Etablissements à la peine pour obtenir ne serait-ce que les moyens de survie, des Centres Médico Psychologiques qui annoncent leur fermeture, des secteurs de psychiatrie générale et de pédopsychiatrie qui cherchent désespérément des praticiens pour assurer leur fonctionnement minimum, des listes d’attente incroyables pour un rendez-vous, l’annonce d’un plan pour la psychiatrie qui n’en finit pas de ne pas venir, à l’instar du plan pour la pauvreté, bref, tout va bien, fermez le ban !

Et pourtant une psychiatrie de service public avait fait la preuve de son efficacité tout en assurant ses prestations dans une qualité d’humanité que bien des pays nous ont envié. Cette psychiatrie connue dans le monde entier pour ses capacités de répondre aux besoins de tous les patients présentant une souffrance psychique, quelqu’en soit la forme, s’appelait la « psychiatrie de secteur ». Personne n’a fait mieux en psychiatrie, mais certains esprits chagrins, ne voyant pas qu’elle pouvait toujours être améliorée, se sont acharnés à la ruiner sous couvert de scientificité, de rationalité budgétaire, de contraintes administratives obsolètes. Et nous avons maintenant une psychiatrie de spécialités, nombreuses et variées certes, mais ayant fait l’impasse sur la fonction d’accueil de la souffrance psychique, attitude qui reste la base incontournable d’une psychiatrie à visage humain. En ces temps de disette budgétaire (pour certains seulement  : les malades mentaux, les pauvres, les prisonniers…), la psychiatrie de secteur serait une garantie d’humanité et de compétence auprès de chaque patient, à la condition que les moyens en personnes dont elle a besoin ne soient pas considérés comme exorbitants par nos tutelles. La psychiatrie de secteur n’est pas une fin en soi, elle est une base sur laquelle construire une psychiatrie pérenne digne de ce nom. Notre ministre devrait relire son histoire avant de nous proposer quelqu’autre mesure que ce soit.

 

 

 

 

 

 

Pr Pierre Delion


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