Carnet/Psy n° 226 : Actes colloque BBADOS 2018 L’amour fou (partie 1)

Paru le 2019-06-04

SOMMAIRE

ANALYSES D’OUVRAGES

Aux frontières de la psychanalyse
Le moi-Cyborg

À PROPOS DE

Exposition : Le modèle noir. De Géricault à Matisse
Imprécis : Chienne

DOSSIERS

RECHERCHES

ENTRETIENS

ACTES

Parle-moi de ma mère !
Toutes folles !
L’amie prodigieuse sous le regard de sa mère hargneuse
Passions et constructions après la naissance
Haines passionnelles dans le lien mère/enfant
« Ils m’ont demandé de me jeter à l’eau... elle ne m’a pas retenue » : psychodrame et dérive adolescente

HOMMAGES

LE TEMPS QUI PASSE

LE SITE DU MOIS

Aliéniste & Rockologue : http://igorthiriez.com

ÉDITORIAUX

Le printemps de la psychiatrie : vers une écologie générale

Alors que vient de paraître le livre de Fred Vargas sur l’urgence de la révolution écologique désignant le capitalisme responsable du désastre, alors que la direction de France Telecom est mise en cause sur ses méthodes sauvages de « management », alors que les responsables de Monsanto sont pris la main dans le sac de leurs agissements manipulateurs sur les politiques, alors que Brigitte Chamak vient de publier un article sur le lobbying de certaines associations de parents, un printemps de la psychiatrie s’annonce enfin.

Il ne s’agit pas seulement de réclamer les moyens financiers d’une politique engagée en faveur des plus déshérités, nos frères en humanité, enfants et adultes, atteints de souffrances psychiques, bien plutôt d’accepter l’idée que la psychiatrie, branche de la médecine à l’égal des autres, a des spécificités qui, à trop vouloir les oublier, conduisent nos politiques à une démarche soi-disant rationnelle, mais sans l’âme dont elle a tant besoin.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait déjà notre cher Rabelais. Mais aujourd’hui, nous pourrions dire : « Neuroscience sans confiance n’est que ruine de l’âme ». En effet, sous le prétexte de ses avancées considérables, il serait d’un coup devenu légitime de passer par pertes et profits les nécessités de la psychopathologie transférentielle. Nous savons bien que nous avons besoin des deux pour exercer une psychiatrie digne de ce nom. L’enjeu n’est pas de condamner la deuxième au seul profit de la première. Les neurosciences n’ont jamais aidé à penser l’organisation en secteur de la psychiatrie. Elles n’ont jamais aidé à penser le fonctionnement des groupes et des collectifs qui la pratiquent. Elles n’ont jamais aidé à penser la place de l’homme dans le monde. En revanche, elles sont prometteuses pour comprendre le fonctionnement complexe du cerveau, organe de l’interface moi-monde. Cessons d’imposer à un champ théorico-pratique les hypothèses d’un autre champ. Décidons nous enfin à permettre les articulations entre eux.

Alors les politiques œuvreront pour limiter l’ubris des capitalistes ensauvagés, les DRH de France Telecom et de Monsanto se formeront à la psychothérapie institutionnelle pour que leurs équipes fonctionnent humainement et éthiquement, et les associations engagées dans des pratiques de lobbying manipulateur accepteront enfin le débat démocratique. Voilà le printemps de la psychiatrie.

Pierre Delion
vient de publier Violences et enfance aux éditions Erès


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