Carnet/Psy n° 234 : Les interdits : pour quoi faire ? (partie 1)

Paru le 2020-04-27

SOMMAIRE

ANALYSES D’OUVRAGES

Soigner les fous
Eros messager

À PROPOS DE

Exposition : Unica Zürn : Musée d’Art et d’Histoire de l’Hôpital Sainte-Anne
Imprécis : Surréalisme

DOSSIERS

RECHERCHES

ENTRETIENS

ACTES

Les Interdits : pour quoi faire ? (partie 1) : Introduction
Les Interdits : pour quoi faire ? (partie 1) : La contrainte et la liberté
Les interdits pour quoi faire ? (partie 1) : Les interdits, discriminants du corps et des affects à l'adolescence
Les interdits pour quoi faire ? (partie 1) : La folie des interdits
Les interdits pour quoi faire ? (partie 1) : A narrow escape

HOMMAGES

LE TEMPS QUI PASSE

LE SITE DU MOIS

La prise de notes électroniques

ÉDITORIAUX

Traitement psychique de la réalité au temps du coronavirus, réalité de l’utilité de la poursuite des traitements

Les dangers du changement climatique, l’épuisement des ressources planétaires semblaient peu intégrables par nos psychismes, largement déniés ou effondrant tout espoir. Devant cette menace sur notre futur, les replis nationalistes et xénophobes, les populismes, la fragmentation des ensembles nés après-guerre reconstituaient des extérieurs où projeter le haï.

Le retour médiéval d’une épidémie mondiale nous rend un ennemi, un vrai, dont la phobie se saisit adéquatement : il peut nous pénétrer insidieusement et nous tuer. Le contact avec les humains est interdit. Tabou du toucher : nos mains ne doivent pas toucher nos muqueuses et être obsessionnellement lavées ou désinfectées… Cruel rappel darwinien, ce virus se prête à toutes nos projections : eugénique, il élimine les vieux et les fragiles, mais a cependant l’élégance d’épargner les enfants ! Les hommes s’unifieront-ils face à l’ennemi commun ou se battront-il entre eux, comme pour les respirateurs, abandonnant les régions du monde les plus peuplées et les plus pauvres en refermant des frontières sanitaires ? Dans certains pays le choix du confinement pour ralentir la réaction en chaîne des contaminations sauvera beaucoup de vies au prix de destructions économiques plus longues. Témoignage de civilisation.

Ceux qui traitent psychiquement, soignent des troubles parfois importants, ont su réagir en quelques jours au confinement et au retour de la menace infectieuse dans les institutions soignantes en s’adaptant ou en créant de nouvelles pratiques. Des psychanalystes aux soignants de psychiatrie et de pédopsychiatrie, le recours au téléphone ou aux échanges vidéos a permis que ceux qui le souhaitent puissent poursuivre un travail thérapeutique ou garder un lien. Des organisations strictes ont permis de poursuivre des moments de prises en charge individualisées. Témoignages de lucidité et de conscience professionnelle. Preuves de l’importance de continuer à prendre en compte le psychisme dans une situation en elle-même traumatique.

Denys Ribas
pédopsychiatre, psychanalyste, Société Psychanalytique de Paris


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