Carnet/Psy n° 238 : Corps et adolescence (partie 1)

Paru le 2020-11-06

SOMMAIRE

ANALYSES D’OUVRAGES

Quelques motifs de la psychanalyse. A partir des travaux de Laurence Kahn
Psychanalyse de la pop culture
La casse du siècle
Grandir, c’est croire

À PROPOS DE

Exposition : Victor Brauner « Je suis le rêve. Je suis l’inspiration »
Imprécis : Nietzche

DOSSIERS

Introduction (Corps et adolescence - partie 1)
L’adolescence, entre corps et psyché, entre Moi et Je (Corps et adolescence - partie 1)
L’adolescent en son étrange été : au recommencement est le corps et la chair (Corps et adolescence - partie 1)
Changer de peau à l'adolescence (Corps et adolescence - partie 1)
Voix off : transformations et appropriation de la voix à l'adolescence (Corps et adolescence - partie 1)

RECHERCHES

ENTRETIENS

ACTES

HOMMAGES

LE TEMPS QUI PASSE

LE SITE DU MOIS

https://zoom.us/

ÉDITORIAUX

Un pédopsychiatre inquiet...

Désolé de décevoir quelques lecteurs mais dans cet édito il ne sera pas question du coronavirus ni de son avatar la Covid… Je voudrais aborder une autre crise, moins visible et explosive, aux conséquences certes circonscrites mais qui pourraient s’avérer dommageables et plus durables : l’impasse dans laquelle la pédopsychiatrie se débat.

Baby-boomer, j’ai eu la chance de connaître la période d’expansion et de quasi euphorie qui a porté cette spécialité dans les années 1970/1980 et d’y participer. J’ai aussi connu une période de relative stagnation dans les années 90 avant d’être confronté au tournant de ce siècle, comme nombre de mes collègues, à cette lente mais constante érosion non seulement des moyens mis à sa disposition mais plus encore de l’estime accordée à cette pédopsychiatrie dans la communauté médicale et scientifique tout comme dans le grand public.

La pédopsychiatrie est en menace d’être marginalisée. Le drame est que cela a surgi à partir du cœur même de notre discipline : l’autisme. Longtemps cantonnée au gardiennage des arriérés, la pédopsychiatrie a commencé à sortir de ses murs avec la description de cette nouvelle pathologie survenant de surcroît chez des enfants qui ne portaient aucun des habituels stigmates de dégénérescence observés chez nombre d’arriérés. De ce fait, écartant toute hypothèse héréditaire ou neurologique, soutenu par cette « normalité » physique, l’autisme, maladie « purement psychique » a embarqué l’ensemble de la discipline dans une psychogénèse exclusive confondant le fonctionnement et son origine (l’effet et la cause) dans un modèle linéaire simpliste…

Collusion entre les avancées technologiques (les multiples méthodes d’explorations neuroradiologiques laissant accroire qu’on connaît tout du cerveau) et l’idéologie sociétale ambiante (l’individualisme faisant accroire que l’être humain est réductible à un cerveau isolé des autres), de nos jours l’erreur est exactement symétrique : tout dans le cerveau, rien dans le psychisme ! Pris en tenaille dans cette malédiction des temps modernes, le psychisme risque d’être laminé, celui de chaque enfant au premier chef…  

Pr Daniel Marcelli
Vient de publier Moi, je ! aux éditions Albin Michel


Les anciens numéros (Tout voir)

La psychothérapie psychanalytique corporelle (PPC)

Chroniques du confinement

Les interdits : pour quoi faire ? (partie 2)

Les interdits : pour quoi faire ? (partie 1)

Les interdits : pour quoi faire ? (partie 1)

Mémoire traumatique et fonctionnement limite à l’adolescence