Littérature

La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao
Auteurs : Junot Diaz
Editeur : Plon
Date de parution : 01/01/2009
Présentation : Le fukú, malédiction ancestrale, n'épargne personne. Pas même Oscar, jeune dominicain américain, obèse et solitaire, qui préfère la science-fiction à l'âpreté du véritable monde. Entre l'île de Saint-Domingue et le New Jersey, dans l'ombre brisée de ses aïeux, la vie d'Oscar s'écrit, fulgurante et désastreuse. "Un roman qui se lit les cheveux dressés sur la tête, les yeux hallucinés par un style qui vous saute à la figure comme un faisceau de pétards." Astrid Eliard, Le Figaro Littéraire Junot Díaz est né en 1968 à Saint Domingue. Diplômé de l'université Cornell d'Ithaca (N.Y.), il vit aujourd'hui à New York. Son recueil de nouvelles, Los Boys, a reçu, lors de sa parution en 1996, les éloges de la critique américaine. Son premier roman, La Brève et Merveilleuse Vie d'Oscar Wao est récompensé en 2008 par le National Book Critics Circle et reçoit le prix Pulitzer dans la catégorie fiction.
Commentaires : L’ouvrage, paru en 2007 (il a reçu le prix Pulitzer), mérite à plus d’un titre d’être signalé. L’histoire d’Oscar est celle d’un adolescent réfugié dans un corps bouffi et retranché dans un monde fantastique (il écrit et Tolkien est son modèle), sans parvenir à entrer en contact avec ses pairs et moins encore à séduire les filles dont il tombe sans cesse amoureux. Oscar étant d’origine dominicaine, qui valorise la virilité, cette incapacité désole famille et amis, qui cherchent parfois à le sortir de ce qu’ils considèrent comme un handicap. Le récit intègre, dans une construction narrative réussie à plusieurs voix, des pans de la vie familiale (la mère, qui a dû fuir la République Dominicaine pour le New Jersey, la sœur, qui, en révolte, y retourne), il circule du présent au passé, et, ce faisant, laisse entrevoir l’histoire de ce pays livré à la dictature durant tant d’années. Le fuku, malédiction issue des légendes dominicaines, poursuit la famille depuis 3 générations et sert de fil rouge à l’intrigue qui se dévoile peu à peu. L’originalité de cet ouvrage tient non seulement à l’articulation réussie entre histoire individuelle, histoire familiale, et Histoire (celle d’un pays marqué par la dictature de Trujillo), mais aussi au style de Junot Diaz. Ce dernier, plein de vitalité et d’une réelle originalité, s’appuie sur un mélange surprenant de termes espagnols non traduits, de verlan, de vocabulaire des banlieues (il faut ici saluer la qualité de la traduction), à quoi s’ajoutent les notes en bas de page. Michèle Emmanuelli