Littérature

Il reste la poussière
Auteurs : Sandrine Collette
Editeur : Denoël
Date de parution : 01/02/2017
Présentation : Patagonie. Dans la steppe balayée par des vents glacés, Rafael est le dernier enfant d’une fratrie de quatre garçons. Depuis toujours, il est martyrisé par ses frères aînés. Leur père a disparu. Leur mère ne dit rien, perpétuellement murée dans un silence hostile. Elle mène ses fils et son élevage de bétail d'une main inflexible, écrasant ses rejetons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien. Dans ce monde qui meurt, où les petites fermes sont remplacées par d'immenses domaines, l'espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l'étau de terreur et de violence qui l'enchaîne à cette famille ? On est ici au pays du grand roman noir pour livrer un véritable western crépusculaire. Lionel Destremau, Le Matricule des anges. Une mécanique implacable sur la cruauté et la rédemption, à l’écriture tout en sécheresse. Baptiste Liger, Lire. Prix Landerneau polar 2016. Sandrine Collette est docteur en science politique. Elle partage sa vie entre l’université de Nanterre et son élevage de chevaux dans le Morvan. Des n½uds d’acier (Denoël, 2013) est son premier roman.
Commentaires : La poussière est là, du début à la fin, dans ce décor aride de la Patagonie argentine. Aride comme la relation familiale, violente, interdite de tendresse, organisée par le rejet maternel, animée par la défiance, la rivalité fraternelle jusqu’à la haine. Dans ce paysage ouvert, aux espaces immenses, l’histoire de la mère et de ses quatre fils, restés dans la propriété coûte que coûte, s’organise, à partir du meurtre dissimulé du père par la mère, sur le mode de l’enfermement. Il s’agit d’un huis clos étouffant, au sein duquel les deux ainés peuvent brutaliser les deux plus jeunes, et en particulier Rafael, le petit dernier, sans que la mère réagisse, tout occupée à obtenir de tous l’obéissance au travail, la mise au service du domaine et de son bétail. C’est de Rafael, dont les pensées échappent à ce conformisme, dont la sensibilité résiste aux brimades, que viendra une ouverture inattendue, qui modifiera le destin de la famille. Le récit est soutenu par une écriture de qualité, qui nous attache à cette atmosphère intensément noire, à ces paysages balayés par le vent, à ces personnages que la vie semble avoir déposés à l’écart de l’humanité, les laissant aux prises aux désirs les plus violents. Michèle Emmanuelli