Littérature

LaRose
Auteurs : Louise Erdrich
Editeur : Albin Michel
Collection : A.M. TER.AMER.
Date de parution : 17/01/2018
Présentation : Dakota du Nord, 1999. Un vent glacial souffle sur la plaine et le ciel, d’un gris acier, recouvre les champs nus d’un linceul. Ici, des coutumes immémoriales marquent le passage des saisons, et c’est la chasse au cerf qui annonce l’entrée dans l’automne. Landreaux Iron, un Indien Ojibwé, est impatient d’honorer la tradition. Sûr de son coup, il vise et tire. Et tandis que l’animal continue de courir sous ses yeux, un enfant s’effondre. Dusty, le fils de son ami et voisin Peter Ravich, avait cinq ans. Ainsi débute le nouveau roman de Louise Erdrich, couronné par le National Book Critics Circle Award, qui vient clore de façon magistrale le cycle initié avec La Malédiction des colombes et Dans le silence du vent. L’auteur continue d’y explorer le poids du passé, de l’héritage culturel, et la notion de justice. Car pour réparer son geste, Landreaux choisira d’observer une ancienne coutume en vertu de laquelle il doit donner LaRose, son plus jeune fils, aux parents en deuil. Une terrible décision dont Louise Erdrich, mêlant passé et présent, imagine avec brio les multiples conséquences.
Commentaires : Louise Erdrich publie depuis une trentaine d’années des livres intenses, dont la musique singulière tient, pour partie, au mélange de cultures qui constitue la trame de la vie de l’auteure (mère amérindienne, père américano-allemand). Ancrés dans le réel d’une population amérindienne du XXème et XXIème siècle, ils sont aussi irrigués par le recours, simple et vivant, à des mythes et des traditions fondatrices de ces peuples. Louise Erdrich a grand un talent de conteuse et ses histoires à la résonance universelle, offrent matière à faire jouer les grands thèmes des relations humaines. Ce dernier ouvrage s’articule autour des questions de la perte, de la culpabilité et de la vengeance. Perte cruelle, sidérante : celle d’un enfant de 5 ans, tué par accident par Landreaux, voisin et ami de ses parents. En manière de réparation, ce dernier et sa femme proposent, selon une tradition ojibwé, le don de leur fils du même âge, LaRose. Si tragédie il y a ce n’est pas, on le voit, selon les codes de la tragédie grecque qui implique de venger le sang par le sang et emporte, ce faisant, les protagonistes dans un destin tout tracé. L’acte réparateur irrigue les familles et les proches dans un réseau de sentiments complexes, fait resurgir les esprits du passé, et pose au cœur du récit l’enfant LaRose, inscrit dans une filiation en relation avec les esprits, qui s’attache avec subtilité à guérir l’une et l’autre mère. ME