Le goût des arts

Rubrique coordonnée par Sybille Ngo
Expositions

Jean Jacques Lequeu (1757-1826) : Bâtisseur de fantasmes
Du 11/12/2018 au 31/03/2019
Paris, Petit Palais
Présentation : Six mois avant de disparaître dans le dénuement et l’oubli, Jean Jacques Lequeu déposait à la Bibliothèque nationale l’une des oeuvres graphiques les plus singulières et les plus fascinantes de son temps. Cet ensemble de plusieurs centaines de dessins présentés ici au public dans toute son étendue pour la première fois, témoigne, au-delà des premières étapes d’un parcours d’architecte, de la dérive solitaire et obsédante d’un artiste hors du commun. Fort de l’outil précis et technique de l’épure géométrique et du lavis, qu’il truffe de notes manuscrites, Lequeu, à défaut de réaliser des projets, décrit scrupuleusement des monuments et des fabriques imaginaires peuplant des paysages d’invention. Mais ce voyage initiatique qu’il accomplit sans sortir de son atelier enrichi des figures et des récits tirés de sa bibliothèque, et qui le conduit de temples en buissons, de grottes factices en palais, de kiosques en souterrains labyrinthiques, se résout en fin de compte par une quête de lui-même. Tout voir et tout décrire, avec systématisme, de l’animal à l’organique, du fantasme et du sexe cru à l’autoportrait, est dès lors la mission qu’il s’assigne. Typique représentant de ce milieu artisanal, qui tente à la faveur des Lumières et de la Révolution de s’élever socialement et de s’affranchir du monde des métiers, mais qui rapidement déchante, quand se reconstruisent un nouvel ordre et de nouvelles hiérarchies, Lequeu, fils de son siècle, celui du libertinage et des jardins anglo-chinois, n’en poursuit pas moins une voie entièrement libre et singulière. Réduit à un emploi de bureau subalterne, ignoré des gens en place, loin désormais de ses racines, mais affranchi de tout poids social ou académique, avec l’obstination tenace du bâtisseur, il a su traquer sans concession ses chimères.

Fendre l'air. Art du bambou japonais
Du 27/11/2018 au 07/04/2019
PARIS, Musée du Quai Branly-Jacques Chirac
Organisateurs :
Présentation : Pour la première fois en France, une exposition rend hommage à l’art méconnu de la vannerie japonaise en bambou et raconte l’histoire d’un panier devenu sculpture. Fendre l’air. Les gestes de générations d’artisans japonais résonnent dans le titre de cette exposition inédite, dédiée à l’art des paniers en bambou. Ces artisans se sont d’abord inspirés de modèles chinois qui eux-mêmes cherchaient à imiter avec virtuosité les formes sophistiquées de vases en bronze ou porcelaine. Le renouveau, au début de l’ère Meiji, d’un certain type de cérémonie du thé dont les arrangements floraux utilisaient des récipients en bambou sollicita ensuite la créativité d’artistes raffinés et merveilleusement inventifs. Aujourd’hui encore, la vannerie japonaise en bambou procure à certains de ses créateurs, passés maîtres dans le tressage de la fibre, le prestigieux statut de Trésors nationaux vivants. Parfois dénuées de toute fonctionnalité, les vanneries les plus contemporains se muent en véritables sculptures, formant ainsi un champ artistique d’une profonde originalité. Rassemblant 160 œuvres, l’exposition raconte l’histoire de cet art méconnu en Occident. Sept artistes contemporains feront l’objet d’une présentation monographique et ont accepté pour cette exposition une commande du musée du quai Branly - Jacques Chirac. En outre, un artiste sera plus particulièrement mis à l’honneur : Iizuka Rokansai (1890-1958), considéré comme la référence majeure de la vannerie japonaise.

Love, Ren Hang
Du 06/03/2019 au 26/05/2019
Paris, Maison Européenne de la Photographie
Présentation : Avec une sélection de 150 photographies issues de plusieurs collections d’Europe et de Chine, l’exposition « LOVE, REN HANG » occupe tous les espaces du deuxième étage de la MEP. Composée essentiellement de portraits – d’amis, de sa mère ou de jeunes chinois sollicités sur internet – mais également de paysages et de nus, l’œuvre de Ren Hang est immédiatement reconnaissable. Ses photographies, si elles semblent mettre en scène ses sujets, sont pourtant le fruit d’une démarche instinctive. Leur prise de vue, sur le vif, leur confère légèreté, poésie et humour.

Coco Capitán : busy living
Du 06/03/2019 au 26/05/2019
Paris, Maison Européenne de la Photographie
Présentation : Avec près de 150 œuvres, l’exposition est construite comme un parcours immersif dans l’univers de l’artiste. Le parcours est jalonné de plusieurs séries de l’artiste, mêlant le plus souvent la photographie au texte. L’une est composée de paysages de l’ouest américain représentant des infrastructures à l’abandon, une autre révèle le regard critique que l’artiste porte sur la société de consommation et traduit une vraie filiation avec le Pop Art. En écho également à l’intérêt de Coco Capitán pour la représentation et la perception du corps, des photographies de mode font partie intégrante de l’exposition, ainsi que celles d’athlètes de l’équipe olympique espagnole de natation synchronisée, photographiés juste après l’effort. Une série plus personnelle souligne les relations que l’artiste entretien avec la Chine depuis son enfance. Enfin, un ensemble de toiles peintes sur lesquelles sont écrits ses aphorismes, ainsi que des carnets de notes et journaux intimes sont présentés en exclusivité. Très tôt engagée dans l’univers de la mode et du luxe, Coco Capitán acquiert rapidement une notoriété internationale en tant que photographe de mode, secteur avec lequel elle collabore, non sans humour et dérision, pour de nombreuses marques de luxe. Mais son travail est beaucoup plus vaste : à seulement 26 ans, Coco Capitán est une artiste déjà accomplie qui allie la photographie, la peinture et les performances à un travail éditorial constitué de slogans et d’aphorismes.

Thomas Schütte : Trois Actes
Du 15/03/2019 au 16/06/2019
Monnaie de Paris
Présentation : Première rétrospective parisienne de l’artiste allemand, majeur et inclassable, Thomas Schütte (né en 1954 et vivant à Düsseldorf). Élève de Gerhard Richter à la Kunstakademie de Düsseldorf jusque dans les années 80, il est aujourd’hui reconnu comme l’un des principaux réinventeurs de la sculpture. Cette rétrospective est intitulée, "Trois Actes", traduction de Dreiakter, œuvre la plus historique de l’exposition, datant de 1982 et appartenant aux collections du Centre Pompidou. "Mes œuvres ont pour but d’introduire un point d’interrogation tordu dans le monde". Le choix des œuvres témoigne de sa troublante et grinçante analyse de l’organisation de la société et de son impact sur les individus. L’exposition construite en trois temps, de manière thématique, inclut la présentation de plusieurs séries majeures de son travail comme les United Enemies, les Aluminium Frau et Vater Staat ainsi que des œuvres inédites.

La collection Courtauld. Le parti de l'impressionnisme
Du 20/02/2019 au 17/06/2019
Paris, Fondation Louis Vuitton
Organisateurs :
Présentation : L’exposition témoigne de l’extrême exigence et de l’engagement artistique de Samuel Courtauld. Elle réunit quelque 110 œuvres – dont une soixantaine de peintures, mais aussi des œuvres graphiques, ayant toutes appartenu à Samuel Courtauld et majoritairement conservées à la Courtauld Gallery ou dans différentes collections publiques et privées internationales. Elle présente également un ensemble de dix aquarelles de J.M.W. Turner qui ont appartenu au frère de Samuel Courtauld, Sir Stephen Courtauld. Occasion unique de découvrir quelques-unes des plus grandes peintures françaises de la fin du XIXème siècle et du tout début du XXème siècle (Manet, Seurat, Cézanne, Van Gogh, Gauguin).

Les Nabis et le décor (Bonnard, Vuillard, Maurice Denis…)
Du 13/03/2019 au 30/06/2019
Paris, Musée du Luxembourg
Organisateurs : Réunion des musées nationaux - Grand Palais et les musées d’Orsay et de l’Orangerie.
Présentation : Véritables pionniers du décor moderne, Bonnard, Vuillard, Maurice Denis, Sérusier, Ranson, ont défendu un art en lien direct avec la vie, permettant d’introduire le Beau dans le quotidien. Dès la formation du groupe, à la fin des années 1880, la question du décoratif s’impose comme un principe fondamental de l’unité de la création. Ils prônent alors une expression originale, joyeuse et rythmée, en réaction contre l’esthétique du pastiche qui est en vogue à l'époque. Cette exposition est la première en France consacrée à l’art décoratif et ornemental des Nabis. Il s’agit pourtant d’un domaine essentiel pour ces artistes qui voulaient abattre la frontière entre beaux-arts et arts appliqués. Le parcours montre une sélection représentative de leurs œuvres, qui se distinguent par des formes simplifiées, des lignes souples, des motifs sans modelé, influencées par l’art japonais. Réunissant une centaine de peintures, dessins, estampes et objets d’art, elle permet de montrer des ensembles décoratifs aujourd’hui dispersés.

Illusions
Du 06/11/2018 au 25/08/2019
Paris, Palais de la Découverte
Organisateurs :
Présentation : Les illusions sont surprenantes, intrigantes et amusantes, mais elles nous éclairent aussi beaucoup sur le fonctionnement de notre cerveau. Une quarantaine de mises en situation interactives jalonnent le parcours de cette exposition. Après avoir joué, nous vous invitons à décrypter les tours que ces illusions jouent à notre cerveau, afin qu'elles n'en soient plus ; en insistant en particulier sur la façon dont votre cerveau traite l’information perçue. L'exposition présente ainsi quatre catégories d'illusions et pour chacune le mécanisme d’analyse cérébrale à l'œuvre.