Le goût des arts

Rubrique coordonnée par Cécile Roqué-Alsina
Théâtre

Data Mossoul
Du 18/09/2019 au 12/10/2019
PARIS, Théâtre de la Colline
Auteur : Joséphine Serre
Mise en scène : Joséphine Serre
Production : compagnie L’Instant Propice, coproduction La Colline – théâtre national, Théâtre Jean Vilar à Vitry-sur-Seine, Le Lieu Unique, Compagnie Laurent Serrano, Laboratoire Victor Vérité, en partenariat avec Les Plateaux Sauvages, Le Théâtre de la Bastille, La Chartreuse, le CNES – Centre national des écritures du spectacle, les éditions Théâtrales
Présentation : À la façon d’un kaléidoscope, ''Data Mossoul'' met en scène une ingénieure du web privée d’une partie de sa mémoire, un bibliothécaire collectant les écrits d’anonymes, une archéologue à Mossoul sauvant des tablettes d'argile millénaires des destructions de Daesh et le roi-scribe assyrien Assurbanipal. Évoluant dans ces strates de géographies, d’époques et de civilisations, ces quatre personnages sont liés par la notion de conservation des récits et de transmission de l’Histoire. Avec, en filigrane, la figure de Gilgamesh, roi mythique sumérien dévoré par le désir de trouver l’immortalité et héros du premier récit de l’histoire de l’humanité. ''Data Mossoul'' interroge la puissance de l’écriture dans son rapport à l’intime, mais aussi à la mémoire, aux civilisations, au temps, à l’autre, à la vie, à la mort et à l’absence. La confusion entre informations et vérité, la prolifération des images, le cheminement vers ce qu’on pourrait appeler une privatisation de la mémoire sont autant de thèmes brûlants que Joséphine Serre explore dans les méandres de ce voyage sur l’écriture, ou la réécriture de l’Histoire.

Oreste à Mossoul
Du 10/09/2019 au 14/09/2019
Nanterre, théâtre Amandiers
Auteur : D'après ''L'orestie'' de Eschyle
Mise en scène : Milo Rau
Production : NTGent Stadstheater, Belgique, Schauspielhaus Bochum
Présentation : La tragédie grecque permettrait-elle de traiter plus justement des conflits contemporains? En effectuant des recherches pour Empire - spectacle créé en 2016 - à la frontière entre l’Irak et la Syrie, à portée de vue de la ligne de front des combattants de Daech, Milo Rau a eu l’idée de monter une Orestie moderne. Immergé au sein des paysages dévastés des villes de Mossoul et de Sinjar, au nord de l’Irak, conscient de la proximité des combats, le dramaturge et metteur en scène a éprouvé le sentiment puissant de se trouver au cœur d’une scène de guerre contemporaine et, en même temps, en pleine tragédie classique. Dans ce secteur âprement disputé impliquant des rebelles syriens, des troupes occidentales - françaises et américaines notamment -, leurs alliés kurdes, l’armée syrienne et les combattants de l’État islamique, Milo Rau a aussitôt pensé à l’engrenage inexorable de la violence à l’œuvre dans la trilogie d’Eschyle prise dans un cycle de vengeances sans fin. Mais au-delà de ces règlements de compte, ce qui se trame en profondeur dans Oreste à Mossoul, c’est la fondation mythique d’un nouvel ordre démocratique où triomphent la justice et la réconciliation. De là, l’enjeu de ce spectacle répété et joué à Mossoul en Irak - qui fut, après sa prise en 2014, déclarée capitale du califat de l’État islamique -, mais aussi en Europe avec des comédiens européens et irakiens. Avec cette création, fruit d’investigations menées sur place, Milo Rau interroge au plus près un aspect brûlant de notre histoire immédiate.