Le goût des arts

Rubrique coordonnée par Cécile Roqué-Alsina
Théâtre

Anne-Marie la Beauté
Du 05/03/2020 au 05/04/2020
Paris, Théâtre de la colline
Auteur : Yasmina Reza
Mise en scène : Yasmina Reza
Avec : André Marcon
Présentation : Anne-Marie Mille n’avait pas le physique pour le cinéma, comme elle le dit elle-même. La consécration dont rêvent les acteurs, c’est son amie des débuts Giselle Fayolle qui l’a connue. À la mort de Giselle, Anne-Marie évoque leur vie : l’enfance à Saint-Sourd dans le Nord, la chambre de la rue des Rondeaux, le Théâtre de Clichy, les personnages qu’elles ont incarnés, la gloire et la banalité domestique. Anne-Marie nous dit le chagrin et la joie d’une vie de théâtre, la froideur des lumières et des murs sans mémoire. C’est aussi un hymne aux obscurs qui ont cru en leur étoile, aux oubliés qui ont brillé pour quelques-uns. Avec Anne-Marie la Beauté, André Marcon et Yasmina Reza poursuivent une collaboration commencée avec Une pièce espagnole. C’est la cinquième fois qu’ils se retrouvent pour une création. « Il fait partie de mon écriture », dit-elle de lui.

Le Théâtre et son double
Du 10/03/2020 au 28/03/2020
Nanterre, théâtre des Amandiers
Auteur : Antonin Artaud
Mise en scène : Gwenaël Morin
Avec : Lucie Brunet, Lucile Delzenne, François Gorrissen, Manu Laskar, Nicolas Le Bricquir, Nicole Mersey-Ortega, Richard Sammut
Production : Compagnie Gwenaël Morin / SAS Théâtre Permanent
Présentation : Après ses relectures de grands classiques (Molière, Shakespeare, Sophocle, Racine…), Gwenaël Morin s’empare du Théâtre et son double d’Antonin Artaud en se donnant comme point de départ le manifeste du « théâtre de la cruauté ». Sous une immense bulle blanche dans laquelle sont installés comédiens et spectateurs, le metteur en scène interroge son expérience à la lumière des théories d’Artaud jusqu’à détruire son propre travail, à la recherche d’un autre théâtre sous les ruines. Comment relire Artaud sans vouloir le relier ? Comment le reprendre sans chercher à le comprendre, à l’intégrer, à le faire rentrer dans des cases qu’il n’a cessé de faire exploser ? Comment le rejouer sans prétendre le retrouver ? Une piste de réponse se trouve peut-être dans le titre de l’ouvrage qui a servi ici de point de départ à Gwenaël Morin : « le théâtre et son double ». Ou … le théâtre est son double… Redoubler. Rejouer mais rejouer vraiment : comme si on réinventait le jeu chaque fois, comme si aucune règle ne précédait ou comme si la règle dépendait à chaque fois de chacun des membres composant la petite communauté théâtrale que Morin a rassemblée ici et qui tente d’abord de se relier. Non pas « relier » l’auteur, recoudre ses parties éclatées mais se relier, chacun et ensemble, à la croyance folle d’Artaud dans le théâtre. Relier, religere, religion. Inventer la religion qui, cette fois, n’aura pas pour Dieu l’Artaud mystifié que l’on a tant vu représenté ; la religion qui, d’ailleurs, n’a pas de dieu et qui a ramené l’extrême de la transcendance dans la ritualisation à outrance. Il faut rejouer le rituel, relier entre eux différents textes d’Artaud en suivant, non pas une règle, mais un principe actif, un principe acteur : faire théâtre. Faire théâtre vraiment. Ce théâtre n’a jamais existé, il n’existe que sur fond de vide, il repose sur la possibilité du vide. Il est un théâtre dont le double est la vie, dont le double est la mort, il est un théâtre de la cruauté.

Normalito
Du 11/03/2020 au 17/03/2020
Paris, Plateaux Sauvages
Auteur : Pauline Sales Compagnie à l'envi
Mise en scène : Pauline Sales Compagnie à l'envi
Avec : Antoine Courvoisier, Anthony Poupard, Pauline Belle
Présentation : Et si les gens normaux, étaient en voie de disparition ? C’est à l’invitation de Fabrice Melquiot, son complice de longue date, que l’autrice Pauline Sales a écrit Normalito. Voilà l’histoire de Lucas, un garçon de 10 ans sans don particulier ni passion d’aucune sorte, ni beau ni laid, avec un QI dans la moyenne et des parents qui vivent encore ensemble. Un enfant si ordinaire qu’il a l’impression de n’intéresser personne, même pas sa mère. « Elle aurait bien aimé que je fasse un effort, dit Lucas, pour avoir au moins un petit truc du genre “il n’écoute que du Bach depuis ses trois ans et je n’ai rien fait pour, c’est naturel” ». Heureusement, un beau jour, Lucas va croiser Iris, gamine précoce, et, avec elle, au cours de leur échappée, rencontrer une femme, dame pipi de son état, là encore une personne apparemment ordinaire, mais qui porte un secret…

ASALTO AL AGUA TRANSPARENT
Du 26/02/2020 au 29/02/2020
Nouveau Théâtre de Montreuil
Auteur : Lagartijas tiradas al sol
Mise en scène : Luisa Pardo, Lázaro Gabino Rodríguez
Avec : Luisa Pardo, Lázaro Gabino Rodríguez
Présentation : Bien avant de devenir la capitale du Mexique, Mexico était entourée de deux mille km2 de lacs : il n’en reste aujourd’hui que dix km2. Enquête sur ce désastre écologique. Comment la capitale de l’empire aztèque, bâtie au milieu des lacs, est-elle devenue une métropole touchée par une pénurie d’eau catastrophique ? Janet, jeune femme d’aujourd’hui tout juste débarquée à Mexico, et Ixca, depuis longtemps dans la ville, retracent avec énergie cinq siècles d’Histoire. Sur un plateau presque nu, jonché d’objets dérisoires telles des bouteilles d’eau en plastique, ils jonglent avec les données scientifiques pour décrire cette « offensive sur l’eau claire » (Asalto al agua transparente) tout en esquissant une romance désenchantée entre deux victimes de la solitude urbaine. Comédiens et metteurs en scène, Luisa Pardo et Lázaro Gabino Rodríguez dressent un état des lieux sans complaisance de cette ville de neuf millions d’habitants. Du théâtre documentaire militant qui, pour mieux réveiller les consciences, mise sur les données objectives et sur l’humour pince-sans-rire. L’un des premiers spectacles d’une compagnie mexicaine parmi les plus inventives du moment.

Ruy Blas
Du 26/02/2020 au 15/03/2020
Paris, Théâtre Gérard Philipe
Auteur : Victor Hugo
Mise en scène : Yves Beaunesne
Production : La Comédie Poitou-Charentes / Centre dramatique national, avec le soutien du ministère de la Culture (Drac Nouvelle-Aquitaine), de la Région Nouvelle-Aquitaine et de la Ville de Poitiers
Présentation : Depuis son aventure du Cid en 2016, ayant pris goût aux alexandrins, le metteur en scène Yves Beaunesne attendait avec impatience de se confronter à nouveau à un de ces textes éternels qui permettent de mettre à distance et en perspective notre époque. L’occasion lui en est enfin donnée cet été dans le cadre d’une invitation au Château de Grignan, qui se prolongera à Saint-Denis. Il choisit une pièce à la fois très connue et peu montée : Ruy Blas. Il y a, avec ce Hugo qui se montre si sensible aux désordres du monde, un conte de fées – un valet aime la reine et devient son premier ministre –, un mélodrame – deux cœurs purs saisis d’amour fou succombent à un serpent machiavélique –, une tragédie sociale – malgré sa valeur, un prolétaire meurt victime de la tyrannie des grands –, un drame romantique – puisque l’homme du peuple a le génie pour couronne, sa place n’est plus dans les marges ou les bas-fonds, mais au sommet de la société –, et une comédie avec ses scènes cultes que n’ont pas reniées Louis de Funès et Yves Montand.

Liberté à Brême
Du 20/03/2020 au 30/03/2020
T2G – Théâtre de Gennevilliers
Auteur : Bremer Freiheit, de Rainer Werner Fassbinder
Mise en scène : Cédric Gourmelon
Avec : Valérie Dréville, Gaël Baron, Guillaume Cantillon, Christian Drillaud, Nathalie Kousnetzoff, Adrien Michaux, François Tizon, Gérard Watkins
Production : Déléguée Réseau Lilas
Présentation : Geesche Gottfried, issue de la petite bourgeoisie conservatrice allemande du 19ème siècle semble souffrir d’une malédiction : ses proches qui la font tant souffrir meurent tou-te-s les un-e-s après les autres. En dix-sept courts tableaux qui s’enchaînent, la pièce de Fassbinder raconte l’histoire de sa lutte pour une impossible émancipation.