Le goût des arts

Rubrique coordonnée par Cécile Roqué-Alsina
Théâtre

Re-Paradise
Du 01/05/2018 au 31/05/2018
Nanterre-Amandiers
Auteur : Living Theater
Mise en scène : Gwenaël Morin
Avec : La troupe du Théâtre du Point du Jour, Lyon
Présentation : Le metteur en scène et directeur du Théâtre du Point du Jour à Lyon, Gwenaël Morin, revisite pour Mondes possibles le spectacle Paradise Now de la troupe américaine The Living Theater, créé en juillet 1968 au Festival d’Avignon : « J’ai l’intention pour mai 2018 de reprendre Paradise Now. J’ai l’intention d’utiliser pour cela le texte rédigé a posteriori par Julian Beck et Judith Malina (directeurs du Living Theater) qui décrit les différents moments de la pièce, leurs processus de mise en œuvre et leurs soubassements dramaturgiques. J’ai l’intention d’intituler cette reprise Re-Paradise. Je voudrais réactiver le plus littéralement possible les formes anciennes contenues dans Paradise Now et mesurer le cas échéant ce qu’elles produisent encore ou ne produisent plus aujourd’hui. Le paradis est l’image d’un monde sans violence. Paradise Now demande ce monde « maintenant ». À l’instar des tragédies grecques antiques, cette pièce vise à produire un effet cathartique en proposant des rites théâtraux pour s’émanciper de la violence. »

Poussière
Du 10/02/2018 au 24/06/2018
Comédie Française
Auteur : Lars Norén
Mise en scène : Lars Norén
Présentation : Avec « Poussière », c’est un écrivain contemporain majeur, l’un des plus représentés dans le monde, qui entre au répertoire de la Comédie-Française, s’inscrivant dans la tradition des auteurs écrivant pour la Troupe. Lars Norén met ici en scène dix personnes, âgées, six hommes et quatre femmes. Et la fille attardée de l’une d’entre elles. Des personnes qui partent en vacances depuis plus de trente ans au même endroit, une semaine, au soleil, dans un hôtel resort d’Espagne ou d’ailleurs. Si elles en avaient les moyens, elles partiraient ailleurs mais elles sont issues d’une classe modeste et n’ont pas d’autre solution pour échapper à leur quotidien. Ainsi, elles se croisent dans ce lieu depuis des années, se connaissent et ne se connaissent pas. Ne se voient jamais ailleurs. Seulement ici, une fois par an. Depuis si longtemps. C’est peut-être pour certaines la dernière fois. D’autres ont déjà disparu sans doute. Cette pièce est une symphonie des adieux qui se joue sous nos yeux. Nous sommes dans un temps qui n’est plus linéaire, il est seulement mémoire. Que reste-t-il, quels sont les visages, les faits, les émotions encore présents ? « Je n’aurais pas pu écrire ce texte avant d’avoir l’âge que j’ai aujourd’hui. C’est une pièce sur les au revoir et les souvenirs, sur les dernières vagues à traverser avant la fin. Une pièce belle et mélancolique qui ne parle que de la vie. » (Lars Norén)

L'éveil du printemps
Du 14/04/2018 au 08/07/2018
Comédie Française
Auteur : Frank Wedekind
Mise en scène : Clément Hervieu-Léger
Présentation : Comme les autres grandes pièces de l’auteur de Lulu, L’Éveil du printemps résiste encore aux tentatives de classifications. Frank Wedekind dénomme lui-même Tragédie enfantine la vie de ces adolescents aux prises avec leur sexualité naissante, confrontés à la moralité d’un monde adulte et institutionnel hostile. La société prussienne y voit en 1906 une œuvre « pornographique » qu’elle censure, avant que Wedekind soit reconnu, selon les mots de Brecht, comme « un des grands éducateurs de l’Europe moderne ». Freud s’en empare d’un point de vue psychanalytique, suivi par Lacan. L’auteur, devenu emblématique du théâtre expressionniste allemand, privilégie pour sa part une forme d’« innocence ensoleillée ». Après avoir traité la question du désir et des conventions sociales à travers Le Misanthrope de Molière puis Le Petit-Maître corrigé de Marivaux, Clément Hervieu-Léger poursuit son avancée dans les siècles tandis que les protagonistes rajeunissent, et incarnent une génération entière. Il s’entoure entre autres de Richard Peduzzi, grand maître de la scénographie qu’il a rencontré sur les créations de Patrice Chéreau. Ensemble, sensibles à ces éveils charnels, lorsque la nature éclot brutalement, ils s’intéressent aux « climats » propres à cet âge où la vie est inconnu, interdit, espace de jeu et de fantasme.

Café Polisson
Du 06/07/2018 au 29/07/2018
Festival Avignon, espace Roseau
Mise en scène : Jacques Verzier
Avec : Nathalie Joly (chant), Jean-Pierre Gesûbert (piano, trompette), Bénédicte Charpiat (danse), Camélia Delgado ou Marion Chiron (bandonéon), Jacques Verzier (chant)
Présentation : Café Polisson réunit des chansons du second empire et de la Belle époque. Qu’elles soient cruelles ou drôles, le cabaret Parisien leur offre un écrin pour raconter les vicissitudes de l’existence. Dans la capitale du plaisir on se presse au caf conc' se divertir en écoutant des chansons. La prostitution est au cœur de l’activité théâtrale. Mais le style « beuglant » assimile le métier de chanteuse à celui de prostituée ou de cocotte. Yvette Guilbert est la première artiste à rompre avec la vulgarité. Elle chante l’omniprésence de la sexualité dans la vie et la misère cachée, la vie des petites gens, les quartiers populaires. "Elle révèle aux âmes toutes leurs peines, toutes leurs joies, toutes leurs vertus, leurs grimaces et aussi leurs vices". La femme chantante devient alors l’artisan de son émancipation. Nathalie Joly chante l’éternel féminin et rend hommage à ces courtisanes, demi-mondaines, pierreuses, buveuses d’absinthe, gueuses, gommeuses et fleurs de trottoir ... Café Polisson a été créé au Musée d’Orsay pour l’exposition "Splendeurs et misères images de la prostitution 1850-1910", à 18h à l’espace Roseau (sauf lundis) du 6 au 29 juillet.