Le goût des arts

Rubrique coordonnée par Cécile Roqué-Alsina
Théâtre

Café Polisson
Du 06/07/2018 au 29/07/2018
Festival Avignon, espace Roseau
Mise en scène : Jacques Verzier
Avec : Nathalie Joly (chant), Jean-Pierre Gesûbert (piano, trompette), Bénédicte Charpiat (danse), Camélia Delgado ou Marion Chiron (bandonéon), Jacques Verzier (chant)
Présentation : Café Polisson réunit des chansons du second empire et de la Belle époque. Qu’elles soient cruelles ou drôles, le cabaret Parisien leur offre un écrin pour raconter les vicissitudes de l’existence. Dans la capitale du plaisir on se presse au caf conc' se divertir en écoutant des chansons. La prostitution est au cœur de l’activité théâtrale. Mais le style « beuglant » assimile le métier de chanteuse à celui de prostituée ou de cocotte. Yvette Guilbert est la première artiste à rompre avec la vulgarité. Elle chante l’omniprésence de la sexualité dans la vie et la misère cachée, la vie des petites gens, les quartiers populaires. "Elle révèle aux âmes toutes leurs peines, toutes leurs joies, toutes leurs vertus, leurs grimaces et aussi leurs vices". La femme chantante devient alors l’artisan de son émancipation. Nathalie Joly chante l’éternel féminin et rend hommage à ces courtisanes, demi-mondaines, pierreuses, buveuses d’absinthe, gueuses, gommeuses et fleurs de trottoir ... Café Polisson a été créé au Musée d’Orsay pour l’exposition "Splendeurs et misères images de la prostitution 1850-1910", à 18h à l’espace Roseau (sauf lundis) du 6 au 29 juillet.

L'éveil du printemps
Du 14/04/2018 au 08/07/2018
Comédie Française
Auteur : Frank Wedekind
Mise en scène : Clément Hervieu-Léger
Présentation : Comme les autres grandes pièces de l’auteur de Lulu, L’Éveil du printemps résiste encore aux tentatives de classifications. Frank Wedekind dénomme lui-même Tragédie enfantine la vie de ces adolescents aux prises avec leur sexualité naissante, confrontés à la moralité d’un monde adulte et institutionnel hostile. La société prussienne y voit en 1906 une œuvre « pornographique » qu’elle censure, avant que Wedekind soit reconnu, selon les mots de Brecht, comme « un des grands éducateurs de l’Europe moderne ». Freud s’en empare d’un point de vue psychanalytique, suivi par Lacan. L’auteur, devenu emblématique du théâtre expressionniste allemand, privilégie pour sa part une forme d’« innocence ensoleillée ». Après avoir traité la question du désir et des conventions sociales à travers Le Misanthrope de Molière puis Le Petit-Maître corrigé de Marivaux, Clément Hervieu-Léger poursuit son avancée dans les siècles tandis que les protagonistes rajeunissent, et incarnent une génération entière. Il s’entoure entre autres de Richard Peduzzi, grand maître de la scénographie qu’il a rencontré sur les créations de Patrice Chéreau. Ensemble, sensibles à ces éveils charnels, lorsque la nature éclot brutalement, ils s’intéressent aux « climats » propres à cet âge où la vie est inconnu, interdit, espace de jeu et de fantasme.