Le goût des arts

Rubrique coordonnée par Cécile Roqué-Alsina
Théâtre

Yvette Yvette Yvette !
Du 28/09/2017 au 22/10/2017
Paris, Théâtre du Soleil, cartoucherie
Auteur : Nathalie Joly
Mise en scène : Jacques Verzier (épisode 1 et 2) et Simon Abkarian (épisode 3)
Avec : Nathalie Joly
Production : Marche la route
Présentation : Pionnière du féminisme, précurseure d’une écriture féminine française moderne, Yvette Guilbert a inventé l’art du parlé chanté, ancêtre du rap. Reine du café-concert à la Belle Epoque, l’amie de Freud immortalisée par Toulouse Lautrec est une grande figure de notre patrimoine. La comédienne et chanteuse Nathalie Joly explore depuis dix ans son œuvre intemporelle, engagée, drôle, poétique, audacieuse et lui redonne toute sa symbolique contemporaine. Pour dire l’histoire de cette femme, il aura fallu trois spectacles. L’histoire d’une émancipation. De l’émancipation d’Yvette Guilbert à celle de ses héritières. Les trois épisodes de cette trilogie sont proposés seuls ou ensemble, et peuvent être vus indépendamment.

Traviata / Vous méritez un avenir meilleur
Du 15/09/2017 au 30/09/2017
Théâtre des Bouffes du Nord
Auteur : D’après
Mise en scène : Benjamin Lazare
Production : C.I.C.T. - Théâtre des Bouffes du Nord
Présentation : Un parfum entêtant et paradoxal de rêve et de réalité flotte autour de La Traviata, comme si la vie et la mort de cette femme dite « dévoyée » semblaient à la fois plus réelles et plus insaisissables que celles des autres héroïnes lyriques. Ce parfum composé d'essences de fleurs rares, d'alcools, de médicaments, de peaux caressées, d'argent prétendument inodore, Giuseppe Verdi a réussi à en imprégner profondément son tissu musical, alors qu'il s'évaporait tout juste de l'histoire de la courtisane Marie Duplessis, morte en 1847, six ans avant la création de l'opéra à Venise. Dans Traviata - Vous méritez un avenir meilleur, les spectateurs sont invités dans l'intimité de Violetta à voir de tout près le feu auquel elle se livre, parmi les convives de cette fête musicale et fantasmagorique où se mêlent théâtre et opéra, voix parlées et voix chantées, où la distinction entre instrumentistes et chanteurs se brouille, où Charles Baudelaire se trouve assis près de Christophe Tarkos et où chantent et meurent les fantômes de ce Paris en plein essor industriel dont nous vivons à présent l'avenir.

Le Tartuffe
Du 15/09/2017 au 30/12/2017
Paris, Théâtre de la Porte Saint Martin
Auteur : Molière
Mise en scène : Michel Fau
Avec : Michel Bouquet, Michel Fau
Présentation : Pour la première fois réunis sur scène, Michel Bouquet et Michel Fau seront Orgon et Tartuffe à partir du 15 septembre 2017. Après "L’Avare" et "Le Malade Imaginaire", Michel Bouquet retrouve la scène du Théâtre de la Porte St-Martin, pour une série exceptionnelle de l’une des plus fortes comédies de Molière.

We Love Arabs
Du 12/09/2017 au 08/10/2017
Paris, Théâtre du Rond-Point
Auteur : Hillel Kogan
Mise en scène : Hillel Kogan
Présentation : Hillel Kogan engage inlassablement son statut d’artiste universel : danseur, interprète, acteur, concepteur et dramaturge. De 2005 à 2016, à l’invitation d’Ohad Naharin, il assure la direction des répétitions du Batsheva Ensemble. Actuellement, il assiste Naharin en Israël mais aussi partout dans le monde. Il est d’ailleurs enseignant de la méthode « Gaga ». En 2009 il reçoit le prestigieux prix israëlien Teva. En 2010 il reçoit le Yair Shapira Prize pour son travail de chorégraphe, danseur et enseignant. En 2013 il est nommé « Créateur Remarquable » par le Cercle des Critiques de danse israélien, pour sa pièce We Love Arabs. En 2015, Hillel Kogan est nommé directeur artistique du festival israélien de danse Curtain Up. Il est lauréat du prix Landau décerné par la Fondation de la Loterie Nationale.

Les Particules élémentaires
Du 12/09/2017 au 01/10/2017
Paris, Théâtre de l'Odéon
Auteur : Michel Houellebecq
Mise en scène : Julien Gosselin
Production : Production : Si vous pouviez lécher mon cœur
Présentation : No future ? La libération sexuelle n’aura-t-elle été qu’un leurre ? À lire Les Particules élémentaires, l’humanité post-68 semble assez mal partie. À voir le spectacle, c’est moins sûr. Car l’engagement sans réserve de la troupe et sa joie de jouer, le recours percutant à la vidéo, l’énergie d’un concert rock, sont autant d’armes scéniques qui dès la création des Particules ont suscité l’enthousiasme des publics, toutes générations confondues. En adaptant le roman de Houellebecq, Gosselin et ses interprètes se sont forgé une écriture théâtrale capable de se mesurer à une œuvre contemporaine et aux questions qu’elle pose, exaltant ses atmosphères, restituant les registres multiples de son style, donnant forme visible à l’acuité de ses réflexions toujours actuelles. L’enquête critique sur les contradictions et les tourments de l’individualisme au cours du XXe siècle finissant prend pour fil conducteur le destin de deux demi-frères, Bruno le littéraire obsédé et Michel le scientifique inhibé, dont les vies sont étudiées sous tous les angles : psychologique, sociologique, historique – et érotique, bien entendu. Après 2666, adaptation- événement de la somme romanesque de Bolaño, Julien Gosselin et sa compagnie reprennent dans la Grande salle de l’Odéon le succès retentissant qui les avait révélés aux Ateliers Berthier.

Complicité
Du 14/09/2017 au 24/09/2017
Paris, Théâtre Les Gémeaux
Auteur : d'après
Mise en scène : Simon McBurney
Production : Coproduction Complicité, Schaubühne Berlin. Festival d’Automne à Paris.
Présentation : C’est, d’abord, une rencontre au sommet : celle du metteur en scène britannique Simon McBurney et de la troupe de comédiens de la Schaubühne de Berlin, l’un et l’autre compagnons de longue date du Festival d’Automne à Paris. C’est ensuite, pour Simon McBurney, artisan d’un théâtre de l’image et du mouvement, une manière d’explorer plus profondément une question qui le taraude : celle de la compassion. Déjà présente en filigrane dans l’adaptation qu’il a faite, avec sa compagnie Complicité, du Maître et Marguerite de Boulgakov, celle-ci est en effet au cœur de La Pitié dangereuse, unique roman achevé par Stefan Zweig, publié en 1939. Cette pitié dangereuse, cette « impatience du cœur » (titre original du roman), c’est celle qu’éprouve, à la veille de la Première Guerre mondiale, le lieutenant Anton Hofmiller pour la belle Édith de Kekesfalva, jeune paralytique fille d’un riche propriétaire terrien, follement amoureuse de lui ; deux êtres, deux mondes, une confusion de sentiments... Narrée sur un mode rétrospectif et polyphonique, l’histoire de cette relation bancale, faussée et forcément tragique acquiert une dimension collective et une résonance sinistrement contemporaine : comment la compassion peut-elle être l’autre visage de la lâcheté et de l’égoïsme ? Comment, bien qu’elle pense avoir conscience du pire, une génération peut-elle courir au cataclysme ?

Endgame
Du 22/09/2017 au 01/10/2017
Nanterre, Théâtre des Amandiers
Auteur : Beckett
Mise en scène : Tania Bruguera
Production : Production BoCA Biennial (Lisbonne/Porto). Festival d’Automne à Paris.
Présentation : Dans un pays où la prise de parole ne va pas de soi, Tania Bruguera a longtemps choisi d’autres voies d’expression, au croisement des arts plastiques et de la performance, pour écrire sa propre histoire de Cuba. Donner la parole plutôt que la prendre, tel est son souci quand elle invite des anonymes à s’installer au micro sur l’emblématique place de la Révolution. Le gouvernement cubain ne laisse pas faire, mais Tania Bruguera n’en restera pas là : en 2015, elle fonde à La Havane l’Institut d’Artivisme Hannah Arendt, souligne le besoin d’une « campagne d’alphabétisation civique » pour regagner une liberté d’expression perdue. En choisissant de porter sur scène la pièce Endgame, elle renoue avec les mots. Des mots qui sont aussi ceux de la tyrannie : « Je te donnerai juste assez pour t’empêcher de mourir », lance Hamm à Clov. Il y a une dizaine d’années, les mots de Beckett lui avaient inspiré une série d’installations rassemblées sous le titre Study for Endgame. Cette fois, l’artiviste prend le texte à bras le corps et lui donne voix. Endgame s’ouvre sur des mots programmatiques : « Fini, c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir. » À présent, c’est à elle de jouer.

Stadium
Du 27/09/2017 au 04/10/2017
Paris, Théâtre de la Colline
Auteur : Mohamed El Khatib
Mise en scène : Mohamed El Khatib, Frédéric Hocké
Production : Production Collectif Zirlib. Festival d’Automne à Paris.
Présentation : En donnant directement à entendre des personnes qui consacrent une part importante de leur vie au supporterisme, le metteur en scène bouscule la mythologie ouvriériste qu’alimente une certaine condescendance à l’égard des amateurs de football. Trajectoires à l’appui, témoignages à foison, au travers des comportements hyper-codifiés des gradins d’un stade, il butine dans leur inextricable agencement la complexité des valeurs, du lien social, de l’imaginaire que porte cette cérémonie contemporaine du match. Concentré sur la composante chorégraphique et plastique de cette grande famille, il crée une partition gestuelle, documentaire et chorale qui esquisse les portraits multiples d’une foule en mouvement. Focus sur les rapports entre l’individu et le groupe au sein d’un rituel, Stadium congédie toutes les idées reçues pour instiguer une exploration sagace de la définition du « public ». Car qu’est-ce que le public, sinon un agrégat d’individus qu’un concours de circonstances et de déterminations sociopolitiques a rassemblé à un endroit devant une même proposition spectaculaire ?