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Comité consultatif national d'éthique

http://www.ccne-ethique.org

Auteur : Sylvain Missonnier

À l'aube du troisième millénaire, les questions éthiques occupent l'avant-scène de la santé publique. Les lois de bioéthique du 29 juillet 1994 « relative au don et à l'utilisation des éléments du corps humain, à l'assistance médicale, à la procréation et au diagnostic prénatal » vont être bientôt réexaminées. Le 18 février dernier, le rapport de l'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques a été publié (Le Monde, 19/02/99). À travers ses critiques, il a pour vocation d'éclairer les commissions parlementaires qui préparent l'examen en séance plénière du projet de loi. Sous la conduite de A. Claeys et C. Huriet, les imperfections originelles et le retard dans les applications y sont analysés. Le manque d'information du public sur les risques liés à « l'assistance médicale à la procréation » (AMP) est aussi dénoncé. Enfin, à partir de leur enquête auprès de nombreux experts, les rapporteurs mettent en exergue les controverses qui animeront les prochains débats parlementaires : la légitimité des recherches sur l’embryon humain et sur le clonage reproductif seront au cur de l'affaire. Sur fond « d'eugénisme démocratique » (cf. l'article de J.Y. Nau intitulé « L'éradication programmée du mongolisme » dans Le Monde du 11/03/99), notre société et sa médecine génique offrent implicitement à leurs membres des droits sur leur corps et le corps de l'enfant à naître sans réunir, explicitement, les conditions d'un authentique consentement éclairé partagé. Pour faire face à ce vertigineux défi éthique, je recommande au lecteur de Carnet Psy deux mesures simples : la lecture de l'excellent petit ouvrage du philosophe B. Andrieu (Médecin de son corps, Collection Médecine et Société, Puf, 1999) et quelques promenades sur le site Internet du Comité national d'éthique. Le citoyen clinicien y trouvera une multitude de textes et d'informations basiques qui lui permettront de mieux s'orienter dans ce dédale postmoderne du « biolitique ».