La Revue

Gynécologie Pratique
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°35 - Page 30 Auteur(s) : Sylvie Séguret
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Un atelier d'échographie obstétricale sur le thème du "deuil en prénatal : entre dire et faire" s'est déroulé le 20 mars dans le cadre du 8ème Salon de Gynécologie Pratique à Paris. Animée par Luc Gourand et Bernard Golse, cette session a permis d'envisager différents aspects du deuil périnatal, en particulier chez les soignants. De même qu'il n'y a pas d'amour sans haine, de relation objectale sans perte, il n'y a pas de gain sans renoncement. Qu'il s'agisse de l'annonce échographique, de la mort du foetus au cours d'une Interruption Médicale de Grossesse, d'une réduction embryonnaire ou de la mort du nouveau-né, le soignant impliqué dans l'accompagnement des parents est amené à vivre un certain nombre de renoncements, dont le deuil du deuil idéal n'est pas le moindre. Le soignant qui, sans aucune démission de son rôle médical, mais acceptant d'aller au-delà de son savoir, accepte de prendre en compte ses émotions, de prendre le risque d'une véritable rencontre émotionnelle avec les parents, est celui qui reconnaît sa "capacité négative" : celle de ne pas savoir à la place de l'autre. Il pourra dès lors "garder la vulnérabilité qui va de pair avec une organisation défensive souple" (Winnicott). Dans un congrès médical hautement technicisé, nous avons pu faire entendre, à travers les communications alternées entre somaticiens et psy, une parole sans dogmatisme ou recettes. Que F. Guis et J.-M. Levaillant, coordinateurs de ces Journées en soient remerciés.