La Revue

La vie psychique et émotionnelle du foetus
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°50 - Page 32-33 Auteur(s) : Pier-Luigi Riguetti
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...Quand Elisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant
tressauta dans son ventre." 
(Luc, 1, 41)


Déjà, à l'époque de Luc l' "infans in utero" était considéré  très proche du divin sans qu'une explication soit jugée nécessaire. Les philosophes de cette époque (comme les précédents) cherchaient à expliquer le monde foetal mais restaient "ancrés" à de grands discours sans réponse. On proposait des hypothèses, mais il n'existait pas encore des techniques d'investigation systématiques du foetus. Au cours de ces  trente der­nières années,  nous avons assisté au  développement d'un intérêt scienti­fique grandissant  pour  l'étude de la vie foetale, grâce aux progrès de la technologie et de la recherche, ce qui  a permis de réaliser un protocole expérimental rigoureux. La revue de la littérature  permet de  décrire deux champs d'investigation : d'une part, une évaluation biologique, génétique, et médicale  qui concerne surtout le développement embryo-foetal et l'aspect organique, dans un but de prévention. Ce sont ces recherches qui ont contribué au développement de la Médecine Prénatale (Catizone, Ianniruberto, 1989 ; Pescetto et  coll. 1989 ; Branconi, 1992) ; d'autre part, des théories psychologiques  qui  visent à montrer la continuité de la vie psychique avant et après la naissance (Rascovskj, 1977 ; Piontelli, 1987; Pasini et coll., 1989). Cepen­dant, rares sont les  travaux qui établissent des connexions entre les connaissances biologiques et les interprétations psychologiques.

La littérature et les modèles expérimentaux  décrivent un foetus capable de recevoir, d'élaborer et de donner une réponse précise à toute une série de stimulations intra et extra-utérines : le foetus, est donc doué de compétences physiologiques qui le mettent en relation avec son milieu par les  organes des sens (l'audition, l'odorat, le toucher, le goût, la vue) et par sa motricité (Soulé, 1992 ; Ianniruberto et coll., 1978, 1980, 1981).
Si le foetus est doué de compétences physiologiques  possède-t-il également des compétences psychologiques ? Les résultats néo-nataux sont très intéressants quand on utilise comme stimulation acoustique les battements cardiaques de la mère, enregistrés pendant des séances expérimentales prénatales (avec un phonocar­diographe).

L'écoute des battements  cardiaques de la mère (en activité ou au repos) produit une variation des mouve­ments et  de la  FC du nouveau-né ; la réponse du nouveau-né augmente ou diminue selon que celui-ci perçoit sa mère agitée ou détendue. Ces résultats nous montrent  la relation entre la vie émotionnelle prénatale et néo-natale : une relation émotionnelle dynamique  mère-foetus et mère-nouveau-né.

Ces résultats sont encore plus significatifs lorsqu'en situation de contrôle on stimule un  nouveau-né avec les battements cardiaques d'une mère qui n'est pas la sienne. A l'écoute des battements  cardiaques de sa  propre mère les valeurs des données enregistrées du nouveau-né augmen­tent ou diminuent en fonction de la fréquence cardiaque ; par contre les réponses ne sont pas du tout significatives lorsqu'il s'agit d'une mère étrangère. "Dire qu'une mère en état d'activité (ou bien de repos) entraîne des variations chez son foetus, signifie qu'il existe  entre les deux  une très forte relation émotion­nelle. Par cette recherche on a souligné que, 1) l'état émotionnel de la mère retentit sur le foetus et  que 2) le nouveau-né reconnaît le battement  cardiaque de sa mère quand, après la naissance, on lui fait écouter le signal  phonocardiographique enregistré (pendant la grossesse) en état d'activité ou de repos. Le nouveau-né a des capacités plus importantes de reconnaître sa propre mère qu'une mère étrangère ;  avec une mère étrangère le nouveau-né répond  seulement à la "rythmique" d'un bruit qu'il a entendu  pendant les neuf mois précedents, alors qu'avec  sa  propre mère il  peut répondre en s'activant ou se détendant, mais en plus il peut produire des réponses plus "créa­tives". Dans la chaîne de la relation Mère-Foetus-Nouveau-né, la relation Stimulus-Réponse n'est pas mécani­que et  figée, mais  s'inscrit dans une série de significations relationnelles et symbiotiques ; il s'agit d'une "entente" difficile à expliquer et  à interpréter, mais qui semble quand même exister (Righetti,1998b).

Ces exemples d'études expérimen­tales nous permettent de faire l'hypothèse de l'existence d'Etats du Moi. Quand je parle d'Etats du Moi, je me réfère aux théories psychody­namiques et en particulier à l'Analyse Transactionnelle et à la Psychologie du Moi. Il s'agit d'une position théorique qui, à mon avis, est parmi les plus valables pour expliquer non seulement la personnalité humaine mais aussi, comme on le verra par la suite, la vie pré-natale.


L'étude des émotions pendant la période pré-natale


Le cerveau, le Système Nerveux Autonome (SNA) et le Système Endocrinien sont les éléments  fondamentaux nécessaires à l'élabo­ration d'un état émotionnel. La mère et le foetus n'ont pas en commun le cerveau, ils ont deux SNA séparés et leurs échanges se font uniquement  au niveau neuro-hormonal : l'échange émotionnel entre la mère et l'enfant se fait seulement par cette interaction chimique. Toute forme d'expérience émotionnelle maternelle est transmise au foetus : si l'état émotionnel est agréable et positif, le foetus en reçoit des bénéfices ; au contraire, si l'état émotionnel est négatif ou anxiogène, le foetus n'a aucun bénéfice, et  il peut subir les conséquences  d'une très forte décharge hormonale et d'un sentiment de frustration psychique. Le stress maternel peut conduire à des altérations  fonctionnelles foetales, il peut se répercuter par des complications obstétricales. Il peut induire des effets négatifs sur le comportement moteur, composante principale du développement physiologique et psychologique du foetus (Ianniruberto et coll., 1978, 1980, 1981; Milani Comparetti, 1981; Rossi et coll., 1989). Les émotions  partent  de la mère et se propagent au foetus par voie hor­monale ; selon le type d'émotion, le foetus produira une réaction  spécifique motrice ou cardiaque etc. Un bébé continuellement "attaqué" par l'anxiété de sa mère pendant la grossesse peut devenir un sujet de type anxieux (Verny, Kelly, 1981, p.48).

Dans Genitori Psicotici (Parents psychotiques), Fava Vizziello et coll. (1991) font une analyse très détaillée de situations familiales difficiles, caractérisées par  des pathologies pa­ren­tales précises. Après l'observation de formes pathologiques néo-natales très proches de ces  pathologies  mater­nelles, ils évoquent l'hypothèse que dans certains cas l'étiopatho­génèse s'explique à partir des influen­ces materno-foetales. Même Nabokov (1992), qui a modifié le concept de Stern de "Synthonisation affective"  en "Synthonisation Patho­logique" pense que les relations précoces néo-natales, mais aussi les  relations materno-foetales peuvent contribuer à la genèse de noyaux pathologiques chez le nouveau-né.

En accord avec cette relation de synthonisation négative, il existe également  des études de l'école russe qui démontrent  que  des cultures de tissus du système nerveux de foetus, obtenus après l'avortement de femmes schizophrènes en crise,  sont beaucoup moins vitales que ceux de mères en bonne santé. Dans cette relation de transmission d'états émotionnels, au-delà des consé­quences neuro-hormonales, le point central  est toujours le processus d'élaboration de la réponse du foetus.
L'augmentation ou la diminution de ses  mouvements, l'augmentation ou la diminution de sa fréquence cardiaque... sont seulement des données enregistrées  qui  nous indiquent  que le foetus vit à ce mo­ment -là une expérience émotion­nelle. Mais je crois qu'il est impossible d'expliquer le type d'élaboration mentale et psycho­logique qui précède ces patterns de réponses.

On peut évoquer l'hypothèse que le foetus ressent l'émotion maternelle non seulement  du fait de la décharge hormonale qui l'intéresse, mais aussi en raison de l'implication psycho­logique qu'il ressent. Pour donner une réponse émotionnelle, il est nécessaire que le processus per­ceptif soit transformé en sentiment : tout cela dépend encore des capacités "créatives" du foetus. En fait, ce n'est pas le type de reponse donnée (et qu'on peut enregistrer) qui nous intéresse, mais la façon propre au foetus de répondre, c'est-à-dire, le type de processus d'élaboration  qu'il choisit.

A cette dernière question,  on ne pourra jamais donner de réponse définitive : en tout cas l'importance des hypothèses et des déductions qu'on peut faire est une donnée  importante en notre faveur. Jusque-là,  j'ai parlé des émotions foetales filtrées et médiatisées par la mère : la mère rentre dans un état émotionnel, le foetus reçoit une stimulation, il élabore son contenu et il envoie une réponse précise et "créative". Mais on peut aussi se poser la question opposée : "La condition émotionnelle du foetus peut-elle induire un état émotionnel chez la mère ?"  Si on peut parler de la relation mère-foetus on peut aussi faire des hypothèses  sur la relation inversée foetus-mère : dans ce cas,  puisque le foetus a aussi des capacités de réaction aux stimulations externes au monde intra-utérin, personne  ne nous empêche de croire que ces stimulations provoquent  un état émotionnel. Si le foetus entend une musique calme il rentre dans un état de détente, ses mouvements diminuent, sa fréquence cardiaque s'abaisse  et ainsi sa mère  modifie son état  par effet de symbiose (Righetti, 1995a). Donc, d'un côté la chaîne commence par la mère, elle continue chez le foetus et  se termine par une réponse émotionnelle donnée ; de l'autre côté le processus  est inversé :  à partir d'une stimulation externe, le foetus induit un état émotionnel maternel. Dans les deux cas le point central de tous ces processus est le foetus, ou plutôt "l'élaboration psychologique foetale".

"Tous les  étudiants en  biologie  savent que tous les êtres vivants progressent de la simplicité vers la complexité. Physiquement, le nou­veau-né en neuf mois se déve­loppe à partir d'un tout petit bout indif­férencié de protoplasme jusqu'à devenir un être bien défini, muni d'un cerveau complexe, d'un système nerveux et d'un corps ; au même moment, émotionnellement, il passe d'un état d'être insensible à l'état d'un être capable d'enregistrer et de réélaborer des sentiments et des émotions très complexes et nuancées. Nous pouvons indiquer ce processus par un autre terme: la "formation du Moi" (Verny, Kelly, 1981, p. 54).

Chaque expérience, chaque instant, chaque détente ou excitation, chaque moment de la vie intra uté­rine... représentent des parties d'une expérience que le foetus mémorise ; tout cela est organisé et devient l'expérience du foetus ; chaque instant de la vie foetale peut être considéré comme un Etat du Moi  particulier et donc les neuf mois de grossesse comme le premier  Stade du Moi : le Moi Pré-natal.


Le moi prénatal


"Le Moi est  fondé sur un inves­tissement psychique parallèle et lié à des fonctions et  à des contenus somatiques et psychiques qui dépendent les uns des autres ; cet investissement est continu" (Federn, 1952, p.99). Paul Federn et son élève, Edoardo Weiss, sont les premiers qui, allant au-delà d'une idée trop rigide et prédéfinie du Moi comme elle avait été proposée par les théoriciens freudiens, nous ont  proposé une analyse dynamique qui conçoit le Moi comme l'instrument principal utilisé par chacun pour "regarder"  son propre monde interne et entrer en relation avec le monde extérieur ; il est l'intégrateur entre l'instinct et le monde extérieur; la fonction d'intégration du Moi (Weiss, 1960, chap.III ) permet de percevoir les stimuli internes et externes, de plaisir et de douleur.  Les intuitions de ces auteurs et les travaux expérimentaux  déjà cités peuvent être utilisés pour décrire l'existence d'un Moi Pré-Natal.

Le Moi est le résultat de la relation avec le monde externe, des relations interpersonnelles ; il est  tout ce que nous pensons et que nous ressentons, il représente nos désirs et nos pulsions. Le Moi est le résultat de l'expérience : dès qu'un individu possède des caractéristiques physiques et biologiques qui lui permettent d'être en interaction, de répondre à des stimuli et à percevoir,   le Moi peut ainsi  apparaître. Quand un individu a l'expérience de son existence corporelle et psychique, alors on peut dire que  son  Moi existe.

Après le 4ème ou 5ème mois de grossesse, le foetus sent, touche, bouge, répond de façon créative aux expériences émotionnelles de sa mère, il réagit à des stimulations internes (intra-utérines) et externes, il est donc un protagoniste actif de sa vie. Tout cela fait évoquer l'hypothèse que la formation du Moi prend son origine à un certain moment de la vie foetale (difficile à préciser). Par le biais de ses capacités sensorielles, le foetus reçoit, élabore et répond aux stimulations internes et externes : c'est ainsi que nait la signification du contact. Contact vers l'intérieur, contact vers l'extérieur, contact dans la relation. "Nous pensons que le terme contact- dans le sens d'être en contact avec des objets (objet comme ce qui n'est pas moi) est à la base de la conscience sensorielle et aussi du comportement moteur (...). L'expérience en dernière analyse, c'est le contact, le fonctionnemment de la limite entre l'organisme et son environnement (environnement utérin et environnement extérieur, n.d.a.); chaque fonction humaine constitue un processus d'interaction socio-culturelle, animale et physique dans le champ organisme /  environnement (...) Tout le contact est  l'adaptation créative entre l'organisme et son environnement" (Perls, Hefferline, Goodman, p. 38-40).

Ces hypothèses peuvent être confirmées par l'observation des "capacités" propres au foetus, mais aussi par les  patterns de réponse très affinés que le nouveau-né montre à partir des premiers moments de vie.
Les capacités sensorielles, la possibilité de ressentir des émotions, d'élaborer psychologiquement tout ce qui arrive à l'intérieur de l'utérus et /ou à l'extérieur et qui  concerne le foetus autorise celui-ci à établir des relations d'objet, à développer un sentiment d'individualité, d'appartenance et de protection, et  à penser que "Moi, foetus je suis immergé dans quelque chose qui n'est pas moi". Ce Moi que nous pouvons appeler Moi-Pré-Natal est le progéniteur du Moi post-natal que tout le monde peut  observer : il s'agit toujours d'un seul Moi qui au fur et à mesure, à partir de l'expérience utérine, compose avec des situations nouvelles et se modèle pour se constituer en un Moi adulte et complet.

Le foetus a sa propre identité génétique et biologique et aussi sa propre identité psychologique. Si la mère éprouve un sentiment de détente, nous pouvons enregistrer la même corrélation chez le foetus, dans ses mouvements, au niveau de sa fréquence cardiaque, dans le type de réponse qu'il donne ; mais si la mère est dans un état anxieux, le foetus est poussé à l'action : ses jambes s'agitent, il se débat, il étudie la façon de sortir de cette situation, "c'est-à-dire qu'il commence à mettre en acte des Mécanismes de Défense" (Verny, Kelly, 1981, p.55). Cette capacité à se défendre et à agir l'anxiété maternelle le conduit au fur et à mesure à nuancer le sentiment de malaise et à surmonter les situations de souf­france. Dans certains cas,  ces formes de déprivation ne produisent pas de gros dommages, mais  dans d'autres, comme dans certaines formes de dépression maternelle, elles peuvent se transformer en symptômes qui provoqueront  chez le nouveau-né des formes importantes d'apathie capables d'entraver le sujet pendant toute sa vie. Comme mécanismes de Défense du Moi-Pré-Natal nous pouvons considérer toutes les actions, réactions, barrières... que le foetus construit pour se défendre d'une perturbation  de son équilibre psychi­que : comme si le foetus  était aussi  à la recherche continue du plaisir et de l'évitement du déplaisir.

Proposant une interprétation métapsychologique, je pense que même la vie psychique du foetus est conditionnée par Le Principe de Plaisir (Freud, 1920). Pour résumer, on peut dire que toutes les considérations des auteurs psychody­namiques et en partie aussi des auteurs psychanalytiques sur la structure de la psyché, peuvent être utilisées pour interpréter la vie  psychique foetale. Aujourd'hui, grâce aux importantes découvertes sur les conditions foetales, nous sommes en  effet en mesure de confirmer que le monde intra-utérin offre toutes les potentialités du développement psy­chique : la période foetale est la base sur laquelle petit à petit s'étaye et démarre la vie psychique avec le développement de la personnalité. Avec le matériel dont nous disposons et les interprétations proposées à chaque fois,  il est possible de parler de Moi Pré-Natal et d'étiogénèse de la personnalité à partir de la "Vie secrète avant la naissance" (Verny, Kelly, 1981).


Les états du moi pré-natal


La naissance est un moment du processus évolutif qui commence neuf mois auparavant. La grossesse est une partie de la vie de chaque individu, elle est la première expérience humaine, elle est une période importante pour  le développement biologique, physique, physiologique et  pour la constitution de l'homme-comme-organe. Mais surtout, elle est importante pour la naissance et le développement de la vie psychique. Il s'agit  d'une période psychologique, d'un ensemble de stimulations, qui seront gardées pendant toute la vie : cette phase psychologique est cons­tituée par l'ensemble de plusieurs Etats du Moi qui se confondent pour former  le Moi Pré-Natal, à son tour le "progéniteur du Moi du sujet. Donc,  il est plus correct de parler de Moi Pré-Natal comme d'un moment de la vie psychique de chaque être humain : le Moi Pré-Natal est déjà défini  par lui même car chez le foetus aussi, on reconnait ses capacités propres, même s'il n'est pas défini totalement. Il est une partie de vie psychique qui évolue et  qui cons­tituera le Moi du sujet.

Tout ce processus de développement nous amène à évaluer la dynamique globale du passage d'une époque psychologique à une autre : nous avons une époque pré-natale, une époque de la première enfance, une époque de l'adolescence, une époque adulte ; beaucoup de périodes de vie psychologique qui constituent ensem­ble, au fur et à mesure du développement, la personnalité de chaque individu.
J'ai utilisé le terme d' "époque" et de "partie" pour désigner des moments particuliers de la vie psychique, deux termes qui peuvent avoir un autre synonyme : l'Etat du Moi. Le Moi-Prénatal est donc une réelle expé­rience continue (Weiss, 1960, Sect. 1) constituée par des Etats du Moi Pré-Natal différents. Les états du Moi sont des parties d'expérience présente et passée ; pendant la grossesse le foetus est toujours intéressé par des expériences qui renforcent son Moi : les stimulations, les émotions, les relations avec le monde interne (intra-utérin) et externe, sont des forces dynamiques impliquées dans le processus d'origine et de maturation psychique. Tous les Etats du Moi Pré-Natal restent stratifiés dans la psyché, dans la mémoire, dans l'Inconscient du sujet et peuvent être évoqués à nouveau dans le post-partum.

D'un point de vue expérimental, la réévocation dans le post-partum d'un Etat du Moi Pré-Natal particulier a été confirmée par les recherches qui ont montré une corrélation entre des réponses données par le foetus et ensuite par le nouveau-né, avec le même stimulus. On a aussi observé des comportements d'attachement chez des nouveaux-nés non gardés dans les bras, ou gardés par des  personnes étrangères : ces bébés  pleurent et se calment seulement s'ils sont pris dans les bras  par leur  propre mère (en rapport avec la relation symbiotique : état du Moi-Prénatal de partage d'affects et d'émotions entre la mère et le foetus).
Une vie foetale chargée de significations biologiques, mais surtout d'évaluations psychologiques.
Fanita English (1977) compare les Etats du Moi d'un sujet aux cercles qu'on peut mettre en évidence si l'on fait une section horizontale d'un tronc d' arbre : de cette manière on obtient beaucoup de cercles grandissants au fur et à mesure ; chaque cercle représente une expé­rience, un moment, une année de vie d'un arbre. Dans cet exemple chaque cercle peut représenter un état du Moi. A l'intérieur (cercle 1) on trouve l'expérience psychique du foetus et donc l'état du Moi Pré-Natal ; dans le cercle plus externe (cercle 2) on a l'Etat du Moi au moment de la naissance; ensuite (cercle 3)il est représenté l'Etat du Moi Néonatal, et ainsi de suite. En ce qui nous concerne, nous devons prendre en considération en particulier le cercle 1. Il s'agit du cercle des Etats du Moi Prénatal. Tout ce que le foetus expérimente est  son Etat du Moi ; les stimuli, les bruits, les musiques, les émotions, les affects... sont des Etats du Moi Prénatal qui vont constituer le Moi Prénatal.

Si le Moi du foetus est constitué par plusieurs Etats du Moi, alors nous pouvons considérer la grossesse comme un Stade du Moi. "Nous appellons Stades du Moi la façon dont le Moi est expérimenté à des âges différents" (Weiss, 1960). Après avoir   analysé ces conditions foetales, je peux affirmer  que s'il existe un Stade du Moi Néo-Natal, un Stade du Moi de l'Adolescence, un Stade du Moi Adulte,  et si on peut parler d'un Etat du Moi Pré-Natal, on peut parler aussi d'un Stade du Moi Pré-Natal. Quand on utilise le terme de Stade on se refère à une époque particulière, à une période précise de la vie. Dans la théorie freudienne on retrouve le Stade oral, anal, phallique-génital, etc.

Dans la théorie de Piaget le développement cognitif est subdivisé en Stades et selon les capacités et le niveau de maturation du sujet on parle de Stade opératoire-concret, opératoire-formel,etc. La théorie freudienne et celle de Piaget sont des exemples fondamentaux qu'on retrou­ve dans l'histoire de la psycho­logie par rapport aux théories des stades du développement : les auteurs  se sont toujours référés à leurs théories en proposant une dynamique et une fluidité importante dans le passage d'un stade à un autre, c'est-à-dire un développement de la personnalité harmonieux et progressif.

Cependant, quand je parle de Stades du Moi PréNatal, je ne fais pas du tout référence à une époque précise de l'histoire d'un individu (la grossesse), mais à un ensemble d'Etats du Moi qui caractérise cette époque de l'histoire personnelle. Il est correct de considérer le Stade du Moi PréNatal dans son dynamisme, dans son ensemble, comme le résultat de l'assemblage de plusieurs Etats du Moi.
La grossesse doit être considérée en termes temporels (période d'environ 40 S.G.) seulement si on l'examine au niveau bio-physiologique, c'est-à-dire comme un processus de maturation physique ; si par contre, nous consi­dé­rons la grossesse sur le plan  psychologique, on peut parler de Stade du Moi PréNatal, non comme une période de développement psychologique bien défini, mais comme un moment ouvert et  légèrement lié à la vie du post-partum.

Je peux donc définir le Stade du Moi Pré-natal comme le résultat de l'association, de l'assemblage dynami­que des émotions, des sentiments, des expériences des Etats du Moi propres au  foetus.  Si nous acceptons cette description du Stade du Moi-Pré-Natal, nous  soulignons davantage que la vie foetale représente une grande partie du processus de maturation psychologique de chaque individu ; la période de la grossesse, bien que de courte durée,  joue un rôle très important pour le devenir psychique de tout un chacun ; la grossesse représente alors le premier maillon d'une chaîne qui,  comme tous les autres, contribue à renforcer la chaîne  représentée par la vie psychique.

La vie foetale, et en particulier les Stades du Moi Pré-Natal, sont des parties de notre expérience per­sonnelle (Sambin, 1992, p.166),  des expériences qui constituent l'histoire de chacun d'entre nous. La vie foetale représente une période de la  formation de cette expérience (c'est à dire de la formation de la per­sonnalité). Ce développement psychi­que, cette formation de l'expérience dépendent en particulier de deux facteurs : le foetus, ses capacités perceptives et  sensorielles, sa capa­cité d'être le protagoniste actif de son développement et  de savoir se représenter par rapport au monde intra-utérin qui l'enveloppe et sa créativité d'élaboration des réponses. Le foetus est donc considéré comme un Moi, comme le monde interne. Le monde externe est représenté par  l'objet, par ce qui se joue à l'extérieur, par la relation à sa mère et donc  par toutes les capacités d'interaction propres au foetus.
Intérieur, extérieur, Moi, Monde..., sont des concepts utilisés pour décrire la formation de l'expérience, pour montrer au niveau phénomé­nologique comment un sujet (adulte, ou en tout cas après sa naissance) se développe, mature, établit des relations.

Je pense que les concepts décrits peuvent aussi être utilisés pour décrire la formation de l'expérience foetale, compte tenu aussi  du fait que j'estime que le foetus est un être capable, autonome, indépendant, en mesure de percevoir, de recevoir et de donner. "L'unique dimension où se déroule notre processus de contact entre extérieur et intérieur, entre le Moi et le monde, est une dimension phéno­ménique, c'est une formation de l'expérience" (Sambin, 1989, p.37) : le foetus aussi (comme sujet) a des capacités d'établir un contact avec ce qui est à l'extérieur de lui-même (les objets) ; je pense qu'il a besoin de ce con­tact pour favoriser son processus de maturation et pour la formation de son expérience. L'existence psychique du foetus est donnée par sa possibilité de se mettre en contact avec les objets.

Après la naissance, ce processus de formation de l'expérience commencé bien avant, sera modifié, affiné, ajusté et corrigé, selon le monde et l'envi­ronnement où le nouveau-né se trou­vera. Mais, dans la personnalité, dans l'expérience de ce sujet qui pro­gressivement grandira, il restera toujours cette partie de vie et  d'expérience de sa vie foetale. Vie foetale, vie du post-partum, vie adulte, doivent être considérées à l'intérieur d'une unique Gestalt de l'expérience de chaque individu : l'expérience, la vie psy­chique sont constituées par des parties de choses qui arrivent et qui s'originent à partir de l'expérience foetale. Ces parties sont une Gestalt de l'expérience, elles sont des objets, des briques qui l'une sur l'autre constituent la maison de l'expérience.

On peut faire l'hypothèse que la vie psychique (et aussi la vie foetale) est  poussée par une unique force qui contrôle tout : on peut l'appeler Physis  ou Investissement Médial, ce qui nous intéresse, c'est que la psyché de chacun est le résultat d'une Gestalt d'expé­riences qui commence à partir de la période intra-utérine.

Le Moi est le résultat de plusieurs forces, de plusieurs "parties", de plusieurs expériences qui interagissent et donnent un sens à la réalité psychique de chaque être humain ; le Moi est le synonyme du "sentiment du Moi" (Federn, 1952), c'est à dire il est une unité  d'expériences, c'est le pro­cessus de formation de l'expérience qui prend ses origines à partir de l'Expérience Foetale.

Nous remercions pour la traduction française Sabina Lambertucci-Mann, Psychiatre-Psychanalyste et  Marie-José Soubieux, psychiatre-psychanalyste.

 

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