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Actualités des troubles névrotiques : apports du bilan psychologique (Introduction)
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°148 - Page 24-25 Auteur(s) : Michèle Emmanuelli
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L’heure n’est plus guère, dans les écrits consacrés à la psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent, aux réflexions consacrées à la névrose. L’évolution des troubles et de leurs traductions symptomatiques, en lien avec l’évolution sociale et avec les pratiques éducatives familiales, semble s’orienter massivement vers des manifestations agies, des conduites compulsives ou addictives. Pour autant, peut on considérer que les névroses ont disparu de la clinique et que les troubles psychopathologiques se répartissent entre les diverses formes de psychoses et les expressions symptomatiques des troubles limites ? La clinique de l’enfant et de l’adolescent, comme le cas clinique présenté dans ces textes le confirment, révèle la pérennité des organisations névrotiques, qui se présentent sous des traductions diverses ; souvent méconnues, elles se retrouvent bien souvent aujourd’hui dans des consultations médicales, les symptômes avancés concernant le corps (conversions somatiques, douleurs…). Le cas présenté par Caroline Hurvy en constitue un exemple paradigmatique.

La clinique nous conduit à revisiter les concepts fondamentaux proposés par la psychanalyse, à revenir sur les distinctions à opérer, à la suite de Serge Lebovici, entre névrose infantile et névrose de l’enfant, à étudier le fonctionnement psychique sous-jacent aux symptômes afin de mieux comprendre le sens et la finalité de ces derniers. L’essentiel en effet est de départager ce qui relève des manifestations prises dans le développement normal de l’enfant de ce qui traduit l’inscription dans un trouble susceptible de s’ancrer, de perdurer, quelle que soit la forme psychopathologique qu’il prendra dans l’évolution. Dans cette démarche, le bilan psychologique constitue un apport dont la richesse et la subtilité s’avère précieuse.

Dans cette journée consacrée à la névrose, Caroline Hurvy nous présente un cas clinique, celui d’une pré-adolescente présentant des troubles conversifs. Le texte d’Annette Fréjaville constitue un socle théorique sur lequel reposent les élaborations cliniques développées à partir du cas d’Amandine. Cette présentation permet d’illustrer les questions essentielles concernant la névrose chez l’enfant et chez l’adolescent, les spécificités de ses traductions chez une fille, le lien étroit qui se noue entre ce trouble et l’entrée dans l’adolescence. Les données du bilan psychologique, et en particulier des épreuves projectives, éclairent l’articulation entre corps et psyché, mettent en évidence les modalités du conflit sous-jacent aux symptômes, illustrent les traductions symboliques des conflits et le jeu des défenses mobilisées, montrent l’intensité de l’angoisse de castration.

L’ensemble de ces textes constitue un nouvel exemple de la richesse de l’association entre les données théoriques de la psychanalyse et leur application clinique à travers l’interprétation du bilan psychologique.