Après une fausse couche ou la naissance, la dépression passe souvent inaperçue, selon le HCE
Un rapport publié le 2 novembre 2026 relie l’écart de dépression entre femmes et hommes à l’adolescence, à la maternité, au travail et au grand âge.
En bref
- Le Haut conseil à l’égalité publie un rapport le lundi 2 novembre 2026 sur la santé mentale des femmes.
- Selon le HCE, la biologie seule n’explique pas l’écart de dépression entre femmes et hommes.
- Le HCE cite l’adolescence, la maternité, le travail et le grand âge comme périodes de fragilité.
Les troubles dépressifs touchent 18,2 % des femmes contre 12,8 % des hommes, d’après une étude de Santé publique France parue fin 2025 et reprise par le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) dans un rapport rendu public le lundi 2 novembre 2026.
Un écart que la biologie n’explique pas seule
D’après Magicmaman, le HCE admet que les variations hormonales associées aux menstruations, à la grossesse ou à la ménopause ont une part d’influence possible. L’institution met néanmoins l’accent sur l’importance du cadre de vie, des violences subies et des disparités sociales. Dès le départ, ses auteurs refusent toute lecture « naturalisante » d’une prétendue fragilité propre aux femmes.
Le Haut conseil décrit un phénomène durable : « Cet écart apparaît dès la puberté et se retrouve à tous les âges de la vie, dans tous les milieux sociaux, et à l’échelle mondiale », souligne le HCE.
| Indicateur | Femmes | Hommes |
|---|---|---|
| Troubles dépressifs (Santé publique France, fin 2025) | 18,2 % | 12,8 % |
| Troubles psychiques liés au travail (données citées par le HCE) | 5,9 % | 2,7 % |
| Patients sous psychotropes selon la Drees | 3,81 millions | 1,95 million |
Par ailleurs, la Drees, service statistique des ministères sociaux, évalue que la dépression touche deux fois plus de femmes que d’hommes, selon La Croix. Ce calcul n’a pas la même base que l’écart de prévalence présenté plus haut, et les deux chiffres ne s’additionnent pas.
À l’adolescence, un point de bascule dès 12 ans
Le HCE place le point de bascule durant cette période. À partir de 12 ans, les filles montrent plus de signes dépressifs et anxieux que les garçons, expriment davantage de pensées suicidaires et ont plus fréquemment recours à l’automutilation.
Selon le HCE, plusieurs facteurs, qui peuvent s’additionner, entrent en jeu : la pression exercée sur l’apparence physique, les propos sexistes, les violences sexuelles et certaines pratiques sur les réseaux sociaux. Les filles représentent plus de 80 % des cas d’anorexie, une maladie liée à un risque pouvant atteindre quatre fois celui d’un épisode dépressif majeur.
Réseaux sociaux et cyberviolences
D’après le rapport, certains algorithmes sont susceptibles de diriger des adolescentes identifiées comme fragiles vers des communautés pro-anorexie en moins de 30 minutes après l’ouverture d’un compte. Le revenge porn, c’est-à-dire la diffusion d’images intimes sans consentement, vise aussi cinq fois plus les adolescentes que les garçons. Le HCE rapporte qu’elles subissent plus fréquemment du cyberharcèlement, lequel multiplie par 2,73 le risque de dépression. Le texte évoque des associations statistiques, et non une causalité démontrée.
Grossesse et post-partum, des dépressions qui passent inaperçues
Le HCE estime qu’à peu près la moitié des dépressions survenues durant la grossesse, et un tiers de celles apparues après l’accouchement, passent sous les radars. Le Haut conseil demande qu’un suivi psychologique soit offert de façon systématique à la suite d’une fausse couche ou du décès d’un nouveau-né. Il note également que l’image de la « bonne mère » peut retenir certaines femmes de consulter, par peur d’être jugées.
Du travail au grand âge
- Métiers féminisés : le soin, le service et le lien social combinent efforts physiques, sollicitations émotionnelles et horaires atypiques, selon le HCE, qui demande de mieux reconnaître leur pénibilité.
- Retraite : en 2024, au sein de l’Union européenne, les femmes de 65 ans et plus touchaient en moyenne des pensions inférieures d’environ 25 % à celles des hommes. Cela peut restreindre les moyens de payer une aide à domicile ou des soins psychologiques, d’après 20 Minutes.
- Isolement : chez les femmes âgées, le fait de vivre seule ou d’avoir perdu son conjoint s’accompagne d’un risque accru de dépression.
- Signes banalisés : la tristesse et le retrait sur soi sont fréquemment attribués au vieillissement, et certaines femmes n’osent pas solliciter un soutien, craignant d’être une gêne.
Enfin, le HCE souhaite que les troubles dépressifs des femmes âgées, qui restent peu étudiés, soient mieux documentés, afin de concevoir des actions de prévention et des prises en charge qui leur conviennent. Pour savoir quels signes repérer, carnetpsy.com propose un article sur la détection de la dépression.
Photo : Andrea Piacquadio / Pexels
